Qui pourra croire en effet, après les déclarations du fidèle Frédéric Lefebvre dès hier après-midi, manifestement dans la confidence, que le Procureur a agi sans l’instruction directe du président de la République qui, de surcroît, s’est de toute évidence arrangé pour qu’Europe1 lui ouvre son antenne ?

Un procès politique a été déjoué hier par le tribunal et, ce faisant, sa nature apparaît clairement au grand jour. C’est pourquoi l’hôte de l’Elysée cherche à se cacher derrière le Parquet, voulant faire croire que c’est bel et bien ce dernier, donc l’institution judiciaire, qui est à l’origine de ces poursuites. Ainsi, l’évidence du procès politique serait occultée. Peine perdue, personne ne sera dupe, d’autant moins qu’on se souvient que le Parquet, au tout début de la procédure, avait justement refusé de poursuivre l’ancien Premier ministre… avant de se raviser comme par enchantement !

Nicolas Sarkozy ne supporte pas de voir la Justice indépendante et veut relancer le procès car il a peur du combat politique et démocratique à la loyale. Il a encaserné l’UMP et veut à tout prix éviter l’émergence d’alternatives politiques à droite, qui feraient s’effondrer son système de parti unique et de liste unique dans laquelle il a enfermé la majorité à son propre profit.

Cet abus de l’appareil d’Etat, cette instrumentalisation « décomplexée » de la Justice, jamais vus sous la 5ème République, sont indignes de notre pays et s’apparentent à une conception bananière de la pratique du pouvoir.

Que ceux, qui doutaient à un moment de mon choix de quitter l’UMP il y a trois ans et de bâtir une vraie force politique indépendante, gaulliste, sociale et républicaine, ouvrent enfin les yeux : tout compromis avec ce régime, qui entraîne la majorité à sa perte, est impossible. Il faut faire allégeance au pouvoir, au clan, à la famille, ou essuyer ses foudres impitoyables.

Raison de plus pour nous mobiliser pour le scrutin du 14 mars prochain où nous présenterons des listes indépendantes