Cependant, au-delà de la bataille de chiffonniers que se livrent sur cette question les têtes de listes franciliennes de l’UMP et du PS, Valérie Pécresse et Jean-Paul Huchon, chacun voit combien la vraie défaillance se situe à un tout autre niveau : celui de l’Etat, dont la mission de maintien de la sécurité publique et de la paix civile est de moins en moins bien assurée, malgré les statistiques officielles qui cherchent à masquer cette réalité gênante.

Les causes en sont multiformes. Parmi elles, la liberté de circulation en Europe en est une qui pèse lourd, notamment pour l’Ile-de-France.

En effet, depuis l’élargissement de l’UE aux pays d’Europe centrale et orientale, le problème de la délinquance a pris une acuité nouvelle avec l’arrivée en nombre de populations roms, peu intégrées dans leur société d’origine, souvent rejetées en conséquence et attirées par l’eldorado de l’Ouest.

Qui n’a vu à Paris, dans la rue, le métro, les gares, ou sur les axes routiers des portes de la capitale, ces fameux roms, miséreux, pratiquant la mendicité des enfants ou lavant agressivement les pare-brise ? Si les drames humains qui se cachent derrière ces situations ne sont pas niables, s’il convient bien sûr de traiter avec humanité ces populations, comment ignorer qu’elles constituent un facteur d’insécurité important pour les riverains ?

L’actualité vient d’ailleurs d’en fournir un nouvel exemple : un Rom de 21 ans, résidant dans un camp de gens du voyage de Seine-Saint-Denis, vient d’être interpellé après avoir commis quatre viols en moins d’une semaine, assortis de vols sous la menace d’une arme…

Voilà où mène l’Europe de Schengen et du traité de Lisbonne, que l’UMP et le PS ont porté à bouts de bras, y compris en bafouant le suffrage universel exprimé le 29 mai 2005 par la ratification parlementaire d’une Constitution européenne sans le nom. L’Europe-passoire ne cesse d’ailleurs d’empirer : encore tout récemment, Eric Besson a étendu la liberté de circulation européenne à la Serbie, à la Macédoine (où réside une forte minorité albanaise) et au Monténégro, promettant à la Bosnie une extension prochaine de ce régime !

Partout en France, les forces de sécurité publique dénoncent une « politique du chiffre » qui les oblige à harceler les citoyens ordinaires, notamment dans le cadre de contrôles routiers, au détriment de la lutte contre la vraie criminalité, particulièrement forte en région parisienne : trafics de drogue, d’armes, cambriolages meurtriers, violences aux personnes, etc. ne cessent d’augmenter.

C’est bien pourquoi il est pour le moins étrange de voir Valérie Pécresse nous promettre plus de sécurité en Ile-de-France, elle qui est solidaire de ce bilan gouvernemental calamiteux.

Les mesures à mettre en œuvre au niveau national pour inverser la tendance sont connues, et je les défends régulièrement à l’Assemblée nationale : - Le rétablissement des contrôles à nos frontières, en vertu de la clause de sauvegarde prévue par le traité de Schengen, afin de mettre un terme au grand n’importe quoi actuel ; - La révision de la législation pénale qui ne cesse de multiplier les remises de peine - les condamnations inférieures à deux ans ne donnent plus lieu à de l’incarcération depuis la loi de novembre dernier ! – et la dotation de la justice en moyens financiers et humains lui permettant de faire construire le nombre de places de prison nécessaires, aujourd’hui très déficitaire ; - Le gel de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) pour ce qui concerne les forces de sécurité publique, qui conduit au non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux (plusieurs centaines de postes supprimés en 2010 dans la police et la gendarmerie !), et la remise en cause de cette « politique du chiffre » absurde et contreproductive, qui relâche paradoxalement la pression sur les délinquants pour l’appliquer sur d’inoffensifs citoyens ordinaires.