Premier temps, plusieurs mois avant le scrutin, il est trop tôt, nous dit-on, pour parler des vrais enjeux.

Le Président de la République et l’UMP l’ont d’ailleurs avoué ouvertement, indiquant alors que ce n’était pas le moment de la campagne et qu’il ne fallait pas « distraire » nos concitoyens des sujets d’actualité.

Deuxième temps, le PS et l’UMP relancent des polémiques aussi bruyantes que stériles, occupant le devant de l’actualité et théâtralisant une confrontation plus ou moins factice, puisque inexistante sur les dossiers de fond. Ce fut particulièrement le cas avec « l’affaire Soumaré », point d’orgue de cette mauvaise comédie.

Troisième temps, à quinze jours du scrutin, les principaux éditorialistes se concentrent sur les deux ou trois premiers partis de France, zappant complètement le premier tour du scrutin, et les nouveaux partis ou personnalités qui tentent d’apporter un peu d’air frais.

Ce scénario, déjà joué à coup de grosses ficelles lors des précédentes élections européennes, se reproduit de plus belle aujourd’hui et, en cette fin de campagne, ceux-là mêmes qui ont asphyxié notre démocratie, nous expliquent à longueur d’antenne que les Français ne s’intéressent pas aux élections régionales.

Une certaine presse, comme par exemple le journal « le Monde » dans son édition d’hier soir, est tout à fait symbolique de cette volonté, consciente ou non, de restreindre le choix des Français.

Dans son dossier consacré à l’Ile-de-France, seules cinq listes sont mises en valeur et les articles ne tournent qu’autour du PS et de l’UMP.

Le Front National, qui est proche des 10% a disparu, le Front de Gauche est totalement ignoré, alors qu’il fait plus de voix qu’Olivier Besancenot, nous-mêmes n’existons pas, alors que les sondages, déjà sous-évalués, nous placent à quasi-égalité avec le MoDem, et je ne parle même pas des autres listes …

Le premier tour, dans la liberté de choix, l'émergence de nouveaux rapports de force électoraux et l'oxygénation du système politique qu’il représente, est donc totalement occulté.

Ce parti-pris délibéré du Monde est hélas significatif : il montre à quel point le système oligarchique qui gouverne la France ne veut surtout pas voir émerger, à droite comme à gauche, des forces alternatives à la fois raisonnables et audacieuses, qui refusent le logiciel de la pensée unique européano-libéralo-bobo.

Les Français pourtant, estiment à 69% que ni la gauche, ni la droite de gouvernement, ne sont capables de résoudre leurs problèmes et c’est peut-être cela avant tout que la « camarilla parisienne » ne veut pas entendre, ni laisser dire.

Ils préfèrent jouer l’abstention que donner la parole à ceux qui proposent d’autres politiques.

Cela ne doit pas nous décourager pour autant car, heureusement, il y a Internet, sans compter les très nombreux journalistes libres qui, bravant le conformisme des intérêts et du copinage, ouvrent leurs colonnes, leur antenne et leurs plateaux, aux candidats de DLR.

En cette fin de campagne je veux remercier ces femmes et ces hommes qui honorent leur métier, à cette Presse libre qui nous permet, malheureusement trop modestement, de nous adresser aux Français.