L’impasse économique s’explique tout simplement par le maintien de l’euro comme monnaie unique pour des économies bien trop différentes. Un euro qui reste un étouffoir pour les pays du Sud et pour la France, les empêchant de relancer leur économie, pour régler leur dette et investir pour l’avenir.

Ni la Grèce, ni l’Espagne, ni le Portugal, ni l’Italie, ni la France, il est vrai à des degrés divers, ne peuvent s’en sortir avec la monnaie unique dans sa forme actuelle et les mesures qu’elles s’empressent d’adopter pour rassurer l’Allemagne vont plonger le continent dans une récession cumulative, voire dans une véritable dépression économique à l’image de celle où se débat le Japon depuis 10 ans !

De surcroît, les peuples n’accepteront pas une cure d’austérité supplémentaire qu’on leur inflige pour, une fois de plus, sauver la mise à des banques qui s’en sortent « sans une vitre cassée ».

Et que se passera-t-il dans 6 mois, 1 an ou 2 ans, quand les marchés comprendront qu’ils ont été floués ? Que diront alors les Allemands et les défenseurs d’une banque centrale européenne indépendante quand ils verront que l’accord d’aujourd’hui était un marché de dupes ?

Mais l’impasse est aussi politique, car bien sûr, le plan de soutien, s’il devait être mis en application susciterait un tollé dans la plupart des pays qui n’accepteront jamais de se ruiner pour remplir le tonneau des Danaïdes européen. Conçu à l’origine pour forcer les peuples à basculer dans le fédéralisme économique puis politique, l’euro serait sur le point, nous dit-on, de permettre enfin l’émergence d’un vrai gouvernement économique européen. Mais dès qu’il s’agira de passer à la caisse, bien évidemment, plus personne ne voudra payer.

La seule solution reste donc bien le retour des monnaies nationales qui pourraient être assorties d’un euro monnaie de réserve les surplombant. Une autre solution, comme le préconise ce matin l’économiste Christian Saint-Etienne ce matin dans un grand quotidien, serait peut-être de scinder la monnaie unique en deux entités, l’une organisée autour de l’Allemagne, l’autre autour de la France.

Faute d’anticiper ce changement indispensable, les dirigeants européens vont administrer, en pure perte, des cures d’austérité sans précédent, qui provoqueront des révoltes sociales et des troubles politiques. Quel gâchis !