Après l’URSS et la Yougoslavie, le « cas » belge démontre s’il en était encore besoin, combien les constructions politiques artificielles sont fatalement, tôt ou tard, emportées par le mouvement de l’Histoire.

Peu s’en souviennent : la Belgique est un Etat-tampon créé de toutes pièces par la Grande-Bretagne dans les années 1830, pour à la fois répondre aux aspirations d’indépendance des catholiques de Hollande vis-à-vis de La Haye, et empêcher la France de réintégrer des territoires francophones jugés trop proches géographiquement d’Anvers – port vital pour Londres, prêt à entrer en guerre contre n’importe quelle puissance européenne voulant s’en emparer.

C’est bien pourquoi, plusieurs dirigeants français – aussi divers que Napoléon III et Charles de Gaulle – ont toujours gardé un œil attentif sur la Wallonie et ses velléités de rattachement à la France, persuadés que le cours des choses finirait par faire son œuvre.

Qu’on ne se méprenne pas : il ne s’agit pas plus aujourd’hui qu’hier de déstabiliser ce pays souverain pour accélérer une extension territoriale de la France. Non, il s’agit tout simplement, dès lors que le jusqu’au-boutisme du nationalisme flamand ne leur laisserait plus d’autre choix, d’oser dire clairement à nos amis wallons que la France les accueillerait à bras ouverts.

Car comment accepter de laisser les francophones si proches de notre pays mis à l’écart et rejetés. Ce serait une chance autant pour les Wallons qui retrouveraient une communauté de destin que pour notre pays qui prendrait un peu plus de poids au sein de l’Union européenne.

Bien entendu cette démarche d’unification doit être profondément désirée et seul un référendum des deux côtés de la frontière en déciderait.