Peut-être est-ce parce que je ne suis pas un grand spécialiste du football que j'ai pu retranscrire spontanément ce que de nombreux français ressentent profondément ? Peut-être est-ce parce que le symbole est si lourd en ces temps de crise qu'il a trouvé un écho si particulier ?

Toujours est-il que les événements du week-end - tout aussi ubuesques que catastrophiques pour l'image de l'équipe de France - m'ont conforté dans le sentiment que, lorsque la tête n'est pas saine, c'est l'ensemble du poisson qui pourrit.

En effet, qui a maintenu Raymond Domenech envers et contre tout après l'élimination honteuse de l'Euro 2008, au service d'intérêts bien étrangers à celui des résultats de l'équipe de France ? Qui s'est jeté comme un voleur dans les bras du sélectionneur national au terme d'un match et d'une qualification pourtant si injuste, entachée par la main volontaire de Thierry Henry et qui aurait nécessité pour le moins un peu d'humilité ? Qui a cherché depuis quatre ans à faire culpabiliser les français de ne pas soutenir une équipe dans laquelle ils ne se reconnaissaient pourtant pas ? Qui a toujours refusé d'assumer sa responsabilité dans les défaites comme dans les mauvais choix, jusqu'à aujourd'hui se cacher derrière l'affaire "Anelka" - trop facile bouc-émissaire - pour ne pas affronter la vindicte populaire ?

La réponse est malheureusement simple : il s'agit de Jean-Pierre Escalettes, président de la Fédération Française de Football, ainsi que de l'ensemble du Conseil Fédéral de la FFF. Alors que le juteux contrat de Raymond Domenech prendra naturellement fin avec le dernier match de l'équipe de France en Afrique du Sud, Jean-Pierre Escalettes et l'ensemble du Conseil Fédéral doivent en revanche immédiatement démissionner de leurs fonctions, provoquer de nouvelles élections et présenter des excuses publiques aux français - en particulier à ceux qui vont très directement subir les conséquences de ce fiasco, à savoir les deux millions de licenciés, les bénévoles et tous ceux qui ne comptent pas leurs heures pour éduquer et former les jeunes passionnés.

Car comment comprendre qu'une Fédération qui vient de conclure un contrat de 320 millions d'euros avec Nike refuse dans le même temps une subvention de 10 000 euros pour la Fédération de sport adapté, afin que des jeunes français puissent représenter la France à la Coupe du monde des déficients intellectuels et psychiques qui se déroule fin août en Afrique du Sud ?

Comment comprendre également que le prix des licences s'envole et que les aides destinées au football amateur se réduisent dangereusement ?

Comment comprendre enfin qu'un staff et que des joueurs sensés représenter notre pays puissent se partager, malgré leur pitoyable comportement et leur probable élimination, 5 millions d'euros de primes liés aux différents partenariats, auxquels viendront s'ajouter 7 millions automatiquement versés par la FIFA ? Alors certes, mathématiquement il existe encore un espoir minime de se qualifier, et quelque chose me dit que le groupe va - comme l'a implicitement annoncé Ribéry - enfin mouiller le maillot, unis qu'ils sont désormais contre leur sélectionneur, unis qu'ils sont contre la Fédération.

Mais sont-ils seulement conscients un tant soit peu de ce qu'ils ont infligé depuis deux semaines à tous ceux qui aiment le foot et qui n'ont pas oublié - comme le souligne Vincent Duluc dans l'Equipe - que la Coupe du monde ne revient que tous les quatre ans ?

Pour l'ensemble de ces raisons, je signe la pétition lancée par Jean-Jacques Bourdin pour que les joueurs de l'équipe de France reversent au football amateur l'ensemble des rémunérations perçues pendant ce Mondial.