Au-delà de la question de l’honnêteté ou non du ministre qui ne peut être tranchée que par la justice, les révélations successives de ces derniers jours démontrent la confusion des valeurs qui règne au sommet de l’Etat.

Pourquoi le Président de la République et le Premier ministre préfèrent-ils le suicide politique à la démission d’Eric Woerth et à la manifestation de la vérité ?

Que cache ce soutien aveugle au ministre et cette attitude agressive à l’égard des Français qui veulent tout simplement éclaircir les rapports pour le moins étroit entre l’ancien ministre du Budget et la famille Bettencourt ?

Nicolas Sarkozy et François Fillon se rendent-ils compte qu’en protégeant ainsi leur ministre, ils ne défendent pas son honneur (qui ne peut être lavé que par une justice indépendante) mais qu’ils cautionnent totalement, indéfectiblement un véritable système révélé par cette affaire.

Un système où le pouvoir est au service de l’argent roi.

Un système où plus on est riche, moins on paye d’impôts.

Un système où plus on est riche, moins on est contrôlé.

Un système où plus on est riche plus on est décoré, câliné, protégé.

En vérité, Eric Woerth n’est que le serviteur zélé et rigoureux d’une dérive terrible de notre République.

Au soir de son élection, Nicolas Sarkozy a d’abord préféré retrouver les siens au Fouquets plutôt que de saluer la foule qui l’acclamait place de la Concorde. Il a clairement exprimé ainsi sa préférence pour une certaine oligarchie. Aujourd’hui cette préférence lui explose en pleine figure.

Ce ne serait pas si grave si cela n’atteignait pas malheureusement les fondements mêmes de notre démocratie et de notre République.