De nos Alliés occidentaux tout d'abord, Américains, Britanniques, Canadiens, Polonais,... qui ont bravé la mort et forcé le destin dans des opérations aéroportées et amphibies d'une audace folle. Les paras américains dans le Cotentin, les commandos anglais à Pegasus Bridge, les GI, Tommies et tous les autres combattants sur les plages qui ont souvent payé de leur vie la reconquête du pays, dévasté quatre ans plus tôt par un effondrement militaire dont on aurait intérêt aujourd'hui encore à démêler la réalité d'une légende noire parfois imméritée. La gratitude du peuple français leur est à jamais acquise.

Souvenons-nous aussi de tous les Français, civils et militaires, victimes, héros ou martyres de cette page fatidique de notre histoire : les Résistants de l'intérieur, dont l'action aura été décisive pour désorganiser les arrières de la Wechmacht, les civils normands emportés dans le grand brasier d'une bataille digne de Verdun, les combattants de la France libre et des forces tricolores sous commandement allié – ainsi, le fameux commando Kieffer –, les partisans fusillés dans les prisons sinistres et les villageois massacrés dans le Limousin et ailleurs, nos concitoyens juifs déportés jusqu'au bout par l'Occupant aux abois. Ils doivent tous aujourd'hui susciter un même hommage, solennel et unanime.

N'oublions pas non plus les absents de Normandie, seuls face au gros de la machine de guerre nazie à l'Est : ces armées soviétiques qui, en quelques semaines allaient anéantir plusieurs armées allemandes et tout espoir pour l'Axe de se rétablir de ce côté du front.

Enfin, souvenons-nous aussi de cette autre Résistance, trop souvent méconnue, promise pourtant à un bel avenir : celle de la France libre et de son chef face à l'intention à peine dissimulée du président Roosevelt, encouragé par un entourage tricolore hostile à de Gaulle, de l'évincer de la Libération et de la Reconstruction de la France. Tenus à l'écart du D-Day, de Gaulle et les Français libres, en ralliant massivement la Résistance intérieure et en faisant reconnaître comme une évidence la légitimité du Gouvernement provisoire de la République française, finirent par déjouer la tentative de Jean Monnet de mettre le pays sous la tutelle d'une administration certes alliée mais non moins occupante, et d'exclure la France du camp des vainqueurs. Une fois de plus dans son histoire, la France avait eu chaud, échappant à un sort comparable à celui que connut la pauvre Italie, regardée comme une vaincue et soumise en conséquence à une autorité étrangère bien qu'elle eût changé de camp dès 1943...

Cette Résistance se poursuivra par la suite dans l'Après-guerre, mettant aux prises les partisans de la soumission de la France au Bloc occidental ou européen et les défenseurs de l'indépendance nationale. Ce combat se poursuit encore aujourd'hui et son enjeu est demeuré le même : dans l'amitié sincère et féconde avec nos alliés et partenaires, conserver les rênes de notre destin, notre dignité et les voies d'un développement juste et partagé.