Belle image de lutte contre la traite des êtres humains que d’ouvrir en grand le commerce avec un des foyers de l’esclavage moderne et du travail des enfants !

La Commission passe donc ses journées à faire la morale à la Pologne, à la Hongrie sur l’état de droit, à envoyer la Haute-Représentante aux affaires étrangères et la sécurité, Federica Mogherini, faire des grands discours sur les fameuses « valeurs européennes ». Nul doute que le Parti Communiste du Viêt Nam, considéré par l’article premier de la Constitution Vietnamienne comme « la force dirigeante de l’État et de la société », souscrit parfaitement aux principes démocratiques élémentaires et est un fervent défenseur des Droits de l’Homme.

Non content d’ouvrir notre marché à un pays critiqué par les ONG pour ces questions des droits de l’Homme mais aussi pour la non-application de réglementations en matière de droit du travail de l’OIT, la Commission trouve normal d’ouvrir notre marché à un pays où le salaire minimum se situe à 34€ par mois. Il s’agit là d’une concurrence tout à fait déloyale pour nos agriculteurs et notre industrie textile déjà sacrifiés par l’Union Européenne.

Enfin, la Commission s’engage ouvertement dans un mensonge. On nous parle d’accord commercial accompagné d’un accord de coopération qui permettra de sanctionner le Viêt Nam en cas de manquement sur la question des Droits de l’Homme. Il faut croire que la Commission aime se donner un sentiment de puissance en se donnant, toujours plus, les moyens de sanctionner les États. Toutefois, comment la Commission pourrait sanctionner un État qui avant même l’adoption d’un tel traité viole déjà assez bien les droits de ses citoyens et de ses ouvriers ? La Commission persiste même dans le mensonge. Cet accord n’est pas un simple accord de commerce : c’est un traité de libre-échange. Un traité qui est déséquilibré : l’Union va supprimer 99% de ses barrières douanières, quand le Viêt Nam promet une baisse de 65% des entraves à l’importation. L’Union Européenne, première puissance économique, cède un accord déséquilibré et qui lui est défavorable. Soit les Commissaires Européens sont devenus fous soit ils sont incompétents.

L’application dogmatique de libre-échange par les fonctionnaires européens atteint une folie sans commune mesure. On en arrive aujourd’hui à sacrifier nos fameuses « valeurs de l’Europe » au nom du commerce et du profit. Lors des élections européennes de 2019, il sera temps de mettre sur la table la remise en question de ce dogme. Debout La France défend un commerce juste fondé sur des accords équitables et protecteurs des intérêts des États, des salariés, de l’environnement. Et c’est à ce titre que nous condamnons et rejetons cette politique folle et mortifère.