Quant au ministre du Redressement productif (faut-il l'appeler ministre de la Dégringolade industrielle en chantant ?), il se désintéresserait complètement du sort de l'entreprise et de ses salariés qui, on les comprend, ne voient pas l'avenir avec optimisme...

Pourtant, la France a besoin d'un champion national pour mener à bien sa couverture numérique et continuer à exister dans ce secteur d'avenir. Mais sans doute sera-t-il aussi commode de s'adresser à la Chine, qui vient de mette la main sur une partie de Peugeot...

Sans doute le parti socialiste au pouvoir, et le Premier ministre encore nimbé de nouveauté, n'ont-ils pas intérêt à avouer la catastrophe annoncée à quelques semaines d'élections européennes si mal engagées avant même d'avoir été disputées ? Sans doute devraient-ils avouer que, selon la lettre, l'esprit, ou tout ce qu'on voudra, des traités européens, ils n'ont pas le droit d'empêcher cette nouvelle saignée industrielle et stratégique ? Sans doute n'auraient-ils rien à dire sur le fait que cette vente va se faire au profit d'un pays qui n'hésite pas, lui, à soutenir massivement ses conglomérats par l'argent public, la dévaluation monétaire, le protectionnisme ou la menace de guerre commerciale.

Sans doute, sans doute... Mais les soucis de François Hollande, en pleine « reconquête communicationnelle », et de Manuel Valls importent peu aux Français, qui ont le droit de savoir et de voter en connaissance de cause.

Alors, Monsieur le Président, Messieurs les Ministres, Alcatel va-t-elle oui ou non être bradée aux Chinois ? Que vont devenir nos centres de recherches et nos brevets, que va-t-il advenir des milliers de salariés, ingénieurs et techniciens ?