C’est dire le caractère profondément dérisoire du vrai-faux « Pacte de responsabilité », après la vraie-fausse inversion de la courbe du chômage, ces gadgets auxquels nos gouvernants s’agrippent pour détourner les regards de leurs orientations européennes catastrophiques.

Le détail de ces résultats est en réalité sans appel : durant les douze derniers mois, notre économie a détruit davantage d’emplois en recherche-développement qu’elle n’en a créés, l’industrie manufacturière a vu le nombre de ses emplois stagner, tandis que les derniers secteurs d’activité qui tiraient encore l’économie française calent les uns après les autres… Hélas, les mêmes causes produisant les mêmes effets, aucune embellie ne se profile, ce serait plutôt l’embolie !

Les politiques structurelles d’ajustement budgétaire que Bruxelles et Berlin imposent à l’ensemble des pays européens, et en particulier au nôtre, ont sur notre économie et les économies voisines comme l’effet d’un régime anorexique sur un être humain : elles l’affaiblissent en profondeur, érodent lentement mais sûrement sa substance, l’épuise avant de le précipiter dans une sorte de spirale de déclin et de léthargie. Tel est le résultat de l’euro cher, conjugué à un libre échange débridé et à la suppression des frontières, le tout sur fond de délocalisation industrielle et fiscale, d’inertie stratégique de l’Etat, etc.

Ce déclin, en économie, porte un nom : la déflation, c’est-à-dire la baisse généralisée des salaires et des prix, la contraction de la masse monétaire, l’épuisement du crédit, la paralysie des acteurs et des affaires, le vieillissement de l’outil de production, le tarissement de l’innovation et l’explosion du chômage structurel. Le Japon en sort tout juste, après 20 ans de marasme.

Quant à la France, la dernière fois où elle a réellement expérimenté cette politique suicidaire digne des médecins de Molière, ce fut sous Pierre Laval, en 1935. La facture en fut particulièrement salée, pour ne pas dire tragique, puisque notre pays, encalminé dans cette torpeur destructrice de ses forces vives (en 1939, il n’avait pas retrouvé son niveau de production de 1928 !), fut incapable de mener à bien son réarmement dans les délais nécessaires – on sait que les retards commençaient tout juste à être comblés en… mai 1940 ! Aujourd’hui, l’inflation zéro est d’ores et déjà une réalité et la déflation est à nos portes, ses signes avant-coureurs s’étant manifestés depuis l’année dernière. Les alertes (celle de Patrick Artus mais aussi d’économistes américains) se multiplient, hélas en vain à ce jour.

C’est à cette Union européenne mortifère qu’il faut mettre un coup d’arrêt, et tout de suite ! Les élections européennes en seront l’occasion dès les prochains mois.

Mais bien sûr, si ce changement de cap sera un préalable indispensable, il ne nous exemptera pas d’un nécessaire sursaut contre le matraquage fiscal, l’alourdissement continu du coût du travail, l’excès de réglementations, la panne paradoxale de la formation professionnelle, etc.

Soyons-en convaincu : contrairement aux peurs qu’agitent les européistes et les patachons du système, le salut ne viendra pas d’une Union européenne qui non seulement ne comprend pas nos spécificités, mais les ignore délibérément pour les faire disparaître. Non, seul un recentrage national raisonnable et équilibré nous permettra de rompre avec l’anorexie bruxelloise et la mort lente du déclin. Ni système, ni extrêmes, Debout la France !