Tribune de Nicolas DUPONT-AIGNAN parue dans le Huffingtonpost cette semaine.

L'horreur a encore frappé la France. Hier à Strasbourg, un terroriste islamiste a assassiné 3 innocents et blessé 13 autres personnes dont 6 se trouvent toujours dans un état d'urgence absolue.

Toutes nos pensées vont aux victimes, à leurs proches ainsi qu'aux forces de l'ordre et aux soignants qui ont à nouveau fait preuve de leur abnégation.

En frappant le marché de Noël de Strasbourg, joyau de notre civilisation et de la magie des Fêtes, l'islamisme a voulu meurtrir notre civilisation et l'âme de la France.

Nous savons que ces barbares ne terroriseront jamais les Français et que notre culture vivra toujours d'une force bien plus puissante que leur haine fanatique.

Néanmoins, la solidarité et le deuil national ne doivent pas nous aveugler sur l'insupportable refus de nos dirigeants de prendre toutes les mesures nécessaires à la protection des Français.

Si nul ne peut s'engager à empêcher tout acte terroriste, il est de mon devoir de député français d'affirmer que le gouvernement ne fait pas tout ce qu'il est en son pouvoir pour mettre hors d'état de nuire tous les islamistes dangereux.

L'Etat de Droit qui nous est cher ne signifie ni la faiblesse ni l'irresponsabilité.

Le profil apparent du terroriste islamiste est hélas semblable à celui de tant d'autres meurtriers qui ont frappé la France: un criminel endurci, radicalisé en prison et fiché "S". Comble de l'horreur, il devait être interpellé le matin même pour répondre d'une tentative d'homicide.

Comment un tel individu pouvait-il être libre et agir à sa guise en France? C'est le cœur du problème: les gouvernements choisissent de faire peser un risque insupportable sur la sécurité des Français plutôt que d'agir préventivement contre des individus dangereux.

Le droit français permet de détenir provisoirement une personne soupçonnée d'un crime ou d'un délit, notamment lorsque cette détention est le seul moyen de mettre fin à l'infraction ou d'empêcher qu'elle se renouvelle ou d'éviter la fuite du suspect.

Quand Debout la France demande l'arrestation préventive des personnes "fichés S" dangereuses, ce n'est évidemment pas à cause de la "fiche S" elle-même mais des motifs pour lesquels ces individus ont été classés ainsi. Ce sont ces motifs qui devraient constituer un délit ou un crime poursuivi comme tel par la justice.

Ainsi lorsque Debout la France demande l'arrestation de suspects pour intelligence avec l'ennemi (l'Etat Islamique, Al-Qaida ou tout autre groupe islamiste) ou apologie du terrorisme, il s'agit d'une option que le Code de procédure pénale autoriserait si la Garde Sceaux donnait de telles instructions aux procureurs.

Les motifs de poursuites contre les profils comme celui du terroriste de Strasbourg sont nombreux: menaces de de violences graves sur les personnes, provocation à commettre des crimes ou des délits ou l'appel à la haine religieuse.

En réalité, l'absence d'arrestations et de poursuites contre les islamistes alors que le droit pénal offre de multiples possibilités de les condamner révèle la faiblesse du gouvernement et d'une manière générale, l'irresponsabilité de dirigeants qui ne mesurent pas que la France est en guerre contre le fanatisme et non contre de simples criminels.

Le Gouvernement peut et doit donner aux Procureurs des instructions générales de politique pénale pour que les procureurs aient l'ordre d'utiliser tous les moyens juridiques existants pour arrêter et condamner les islamistes avant qu'ils ne passent à l'acte.

Par ailleurs, ces motifs d'arrestations préventives des islamistes devraient aussi permettre d'expulser purement et simplement tous les étrangers soupçonnés d'islamisme ; Pourquoi la France devrait accueillir sur son sol des étrangers qui combattent nos valeurs, nous haïssent et sont potentiellement dangereux?

Enfin, la question de faire de l'islamisme un délit à part entière reste posée. En mai dernier, suite à la prise d'otage et au geste héroïque d'Arnaud Beltrame contre un terroriste islamiste, nous avions proposé avec le sénateur Jean-Louis Masson de faire de la subversion salafiste un délit, comme l'avait proposé Nathalie Kosciusko-Morizet lors de la Primaire de la droite.

En réalité, l'émergence du fanatisme islamiste nous impose de combattre frontalement des idéologies qui n'ont aucun autre but que la haine. A ceux qui répondent qu'on ne peut interdire des idées, je rappelle que notre République bannit à juste titre les idées nazies et antisémites.

Il est évidemment impossible d'empêcher des individus de penser de manière ignoble, mais l'Etat peut interdire que ces individus partagent, professent et organisent leur doctrine susceptible de contaminer des esprits faibles ou d'inspirer d'autres fanatiques.

Les tragédies qui frappent la France ne sont pas une fatalité. Notre pays doit se donner les moyens de gagner la guerre infâme que le terrorisme islamiste a choisi de nous mener. Seule notre détermination à défendre coûte que coûte les Français et notre civilisation nous permettra d'anéantir le fanatisme.