Faut-il rappeler à Arnaud Montebourg qu'en héritier du social-libéralisme cher à Jacques Delors, François Hollande avait commis le péché originel de son début de quinquennat en ratifiant le traité Merkozy dès 2012 et de facto livrant notre souveraineté budgétaire à l'Allemagne ? J'avais à l'Assemblée nationale mis en garde à l'époque le gouvernement contre cette trahison totale des engagements pris devant les électeurs.

François Hollande, se refusant à changer les règles du jeu de Bruxelles pour s’attaquer aux vraies causes de l’effondrement industriel français (l’euro trop cher et le libre échange déloyal), a préféré faire semblant d'agir avec un pacte de responsabilité qui baisse légèrement le coût du travail alors que tous les grands pays du monde, à l'exception de ceux de la zone euro, ont dévalué massivement leur monnaie pour relancer leur économie.

Pour sauver l'euro qui nous tue à petit feu, Hollande préfère sacrifier son peuple, sa majorité, son parti. Au mépris des réalités, (la croissance repart partout sauf en zone euro) et contre l'avis des plus grands économistes du monde entier, le Président de la République s’obstine à être le valet de Mme Merkel pour mener une politique aussi injuste qu'inefficace, refusant un bras de fer pourtant indispensable avec la chancelière allemande.

Sans majorité, sans soutien du peuple français, François Hollande n'aura le choix qu'entre changer de politique en se libérant définitivement de la contrainte de l'euro, ou bien dissoudre ou démissionner.

La critique d'Arnaud Montebourg est donc pertinente mais l'ancien Ministre ne va pas au bout de sa logique en proposant, comme nous le faisons à Debout la République, la seule voie possible pour redresser le pays : retrouver la maîtrise de notre monnaie tout en mettant en place parallèlement une politique efficace d’assainissement des finances publiques par la libération de nos forces vives (diminution massive des charges et impôts qui pèsent sur les sociétés) afin de relancer les exportations et d'aider nos entreprises à conquérir de nouveaux marchés.