A raison, le Ministre du redressement productif avait saisi la Commission de Bruxelles pour demander la mise sous surveillance des importations automobiles coréennes suite à l’accord de libre échange signé avec Séoul en juillet 2011.

En effet, comme je l’ai déjà expliqué dans un précédent billet, la Corée du Sud a négocié un accord particulièrement déloyal avec l’Union européenne lui permettant de sanctuariser son marché intérieur tout en ouvrant le marché européen, profitant alors de la sous-évaluation manifeste de sa monnaie, le won.

Aujourd’hui, le Commissaire européen, Karel de Gucht, lui répond avec arrogance et mépris dans le Figaro.

Circulez, il n’y a rien à voir. Ni M. Moscovici, ni M. Ayrault, ni M. Hollande ne semblent voler au secours d’Arnaud Montebourg, comme si, en vérité, le Ministre du redressement productif n’était là que pour calmer les impatiences des ouvriers dont les emplois sont délocalisés, et qui comprennent bien évidemment de plus en plus le scandaleux double langage du gouvernement.

Gouvernement, par ailleurs, qui est incapable de définir une ligne économique. En effet, soit le gouvernement change les règles du jeu de Bruxelles pour s’attaquer aux vraies causes de l’effondrement industriel français (l’euro trop cher et le libre échange déloyal), soit il se lance dans une baisse drastique du coût du travail avec des conséquences sociales et politiques immédiates.

En vérité, il n’ose pas affronter Bruxelles d’un côté, mais il n’ose pas non plus boire le calice jusqu’à la lie de sa soumission à la politique suicidaire de l’OMC et de Berlin.

Dans les années 1960, Jacques Rueff disait : « en politique économique soyez libéral, soyez socialiste, mais ne soyez pas menteur ».

Aujourd’hui le choix n’est plus entre la droite libérale et la gauche socialiste puisqu’elles font exactement la même politique, mais entre la survie économique nationale et la soumission à une mondialisation désastreuse.

En un mot, entre les libre- échangistes fanatiques et un protectionnisme raisonnable.

Le gouvernement fait semblant de prendre soin des ouvriers en utilisant Arnaud Montebourg. Mais en l’humiliant, il veut surtout lui faire payer sa lucidité et son succès lors des primaires socialistes. Souvenons-nous de ses 17% il y a presque un an jour pour jour.

Arnaud Montebourg ne peut pas accepter d’être complice d’un tel double jeu ou alors cela veut dire qu’il n’est pas dupe et qu’il accepte de servir d’alibi à un gouvernement qui poursuit la politique de ses prédécesseurs au mépris de l’intérêt national.

Arnaud Montebourg, par pitié, réveille-toi !