Une usine, c’est ce qui permet le développement d’un territoire, d’une région, qui assure la sécurité à des milliers de familles ouvrières. L’industrie fixe des savoirs faire, la recherche appliquée et la valeur ajoutée. Le secteur des services n’aura jamais un tel pouvoir de structuration d’un territoire. Il suffit de connaitre le Valenciennois d’Ascoval pour voir cette identité ouvrière, forgée par les solidarités et les compétences de chacun autour de l’entreprise et de l’usine.

Il faut sauver Ascoval car il s’agit d’une usine de pointe, dont les matériels et les productions sont compétitifs. Elle fournit des matériaux particuliers requérant un savoir-faire unique. Ascoval est spécialisée dans la production de tubes capable de résister à des conditions extrêmes pour l’industrie de l’énergie, le nucléaire, la pétrochimie et la mécanique. Avec les investissements massifs dans ces domaines porteurs, notamment l’énergie, secteur porté par le renchérissement du coût du pétrole, Vallourec voit son marché potentiel croître.

Les difficultés de l’entreprise ne sont pas dues à des conditions économiques extérieures fatales mais à une double incompétence. Incompétence de dirigeants qui ont abandonné toute stratégie économique pour des profits immédiats. Incompétence du pouvoir, qui abandonne notre industrie et méprise les ouvriers.

Rappelons que, via la CDC et la BPI, le gouvernement français reste le 1er actionnaire de Vallourec et dispose nettement des moyens de pression pour exiger le sauvetage de l’usine. En 2016, la BPI a participé à un effort d’investissement massif, avec le japonais Nippon Steel. L’argent de cette entreprise est en partie de l’argent du contribuable français, il doit servir les intérêts de l’Etat et des ouvriers français.

Aussi, je propose que l’Etat utilise son influence dans le capital de Vallourec pour imposer soit la reprise de l’usine soit sa transmission à un repreneur avec les garanties suffisantes. L’Etat pourrait tout à fait avancer un prêt remboursable pour recapitaliser l’entreprise. Rappelons que l’opération menée pour sauver Peugeot a finalement rapporté de l’argent à l’Etat !

Mais, et c’est le cœur du problème, la France n’a plus de stratégie industrielle. Au plan européen, les gouvernements PS, UMP, LREM successifs ont approuvé les directives visant à libéraliser l’économie, à supprimer les entraves à la fameuse concurrence libre et non-faussée, à organiser le retrait de l’Etat de son rôle de régulateur et de planificateur de l’industrie. Au niveau international, la France et l’UE ont accepté, et ce fut un drame, l’adhésion de la Chine à l’Organisation Mondiale du Commerce et ont accepté de lui accorder le titre d’économie de marché. Forte de son Etat communiste, dirigiste et interventionniste, la Chine a faussé la fameuse « concurrence libre » pendant que l’UE abandonnait sa doctrine de préférence communautaire. L’Union Européenne, née du protectionnisme et de la planification de l’acier et du charbon grâce à la CECA, refuse aujourd’hui de se défendre face aux assauts des Etats-Unis et de la Chine. En signant des accords de « libre-échange » et des accords d’investissement, l’UE multiplie les renoncements alors que tous les pays du monde renforcent leurs législations pour protéger leurs industries des investisseurs extérieurs.

Depuis la fermeture de Whirlpool à Amiens, Emmanuel Macron a démontré son désintérêt pour l’industrie qu’il a trahie en cédant Alstom aux Américains, nos trains aux Allemands et nos chantiers navals aux Italiens. Le président, on le sait, n’a d’yeux que pour les banquiers. Pas étonnant avec une telle stratégie que la croissance ralentisse et que le chômage ne baisse pas.

Il y a urgence à refonder une politique industrielle française ambitieuse. Il faut encourager les entreprises à investir en France en réduisant l’impôt de moitié pour les bénéfices réinvestis en France. Il faut baisser massivement les charges sur les PME industrielles qui créent de l’emploi et protéger nos marchés de la concurrence déloyale. Il faut remettre les métiers manuels et industriels au cœur de l’éducation nationale pour former les génies des mains de demain. Enfin, l’Europe doit se concentrer sur les grands projets de rupture technologique.

Ascoval est un désaveu dramatique de la politique d’Emmanuel Macron car il démontre que la « pensée complexe » du Président se fonde sur un postulat qui n’existe pas, dans une mondialisation sauvage et agressive et ne permet en aucun cas d’assurer le redressement économique de la France. Emmanuel Macron fait face à une de ses incohérences majeures : lui qui vante la mondialisation, qui en bénéficie, qui y est intégré ne sait finalement pas comment le monde d’aujourd’hui fonctionne et n’en perçoit ni les problématiques ni les enjeux.

Au contraire, la politique industrielle que je porte avec Debout la France est la seule capable de faire gagner notre pays dans la mondialisation et le XXIème siècle.