La réponse du Garde des Sceaux a été édifiante, prouvant une fois de plus le fossé - pour ne pas dire le gouffre - entre d’un côté les effets de manche pour rassurer l’électorat et de l’autre la réalité de la politique gouvernementale.

En effet, lorsque j’ai demandé au Ministre s’il entendait enfin revenir sur la loi de 2009 qui supprime l’emprisonnement et le remplace par des peines alternatives rarement appliquées pour toutes les condamnations à 2 ans de prison ferme et moins, la réponse de ce dernier a été édifiante : « il faut laisser à cette loi le temps de prendre sa place ».

Refus identique du gouvernement de supprimer les remises de peine automatiques et de donner suite à ma proposition visant à obliger chaque condamné à exécuter les 2/3 de sa peine.

Refus enfin de prévoir, comme je le demandais, l’ouverture de 20 000 places supplémentaires de prison pour nous mettre au niveau de la Grande-Bretagne. Le Ministre a simplement évoqué, ce qui pourrait être une plaisanterie, « l’objectif de 70 000 places contre 64 000 aujourd’hui en… 2018 ».

Cette réponse est édifiante. Elle montre bien que le gouvernement n’a ni la volonté, ni les moyens de mettre en œuvre la seule politique pénale qui permettrait de sanctionner correctement les délinquants. L’impunité dont ils profitent allégrement n’est donc pas prête de s’arrêter.

Ce week-end, j’ai rencontré un policier spécialisé dans la lutte contre les trafiquants de drogue. Il me disait : « nous sommes totalement découragés. Nos effectifs fondent comme neige au soleil. Désormais avec l’application de la nouvelle loi sur la garde à vue, les trafiquants s’assoient devant nous avec leur avocat. Nous leur disons en vertu de la loi vous avez le droit de ne rien dire et ils ne nous disent plus rien. Nos enquêtes piétinent. Ils sont relâchés. Je suis écœuré. J’ai demandé ma mutation pour un petit coin tranquille de province. Dans moins de 5 ans, notre pays sera à feu et à sang ».

A ceux qui souvent s’interrogent sur le sens de mon combat politique, pourquoi je ne rejoins pas le troupeau, c’est tout simplement parce que je veux qu’un jour ce policier reprenne le chemin du travail en croyant de nouveau en la République.