Mais la procédure de la Commission n’est pas seulement ridicule, elle est inacceptable de la part d’une institution qui viole systématiquement les droits de l’homme dans les procédures qu’elle met en œuvre.

La Commission dispose d’importants pouvoirs de sanction et dans ses domaines de compétence, elle est à la fois législateur (par ses « lignes directrices »), procureur et juge. Comment peut-on davantage violer la séparation des pouvoirs ? Par exemple, la Commission contribue à faire le droit de la concurrence, dirige les poursuites contre les personnes accusées d’infraction et juge les accusées. Comme si les députés se faisaient aussi procureurs et juges des tribunaux correctionnels. Comment une institution qui méprise à ce point les droits de l’homme les plus élémentaires peut-elle prétendre donner la moindre leçon ?

Ce n’est pas tout. Les personnes poursuivies par la Commission ont droit à une audience pour exposer leur défense mais les commissaires européens n’assistent pas à l’audience ! Vous avez bien lu, les personnes qui rendent la décision n’assistent pas à l’audience, qui se tient devant des personnes dépourvues de tout pouvoir de décision – comme si les audiences d’assises se tenaient seulement les greffiers et que les magistrats prenaient leurs décisions sans avoir entendu l’accusé.

La Commission se distingue également par sa conception originale de la présomption d’innocence. Quand par exemple elle lance des poursuites contre une entreprise pour infraction de concurrence, la commissaire européenne à la concurrence annonce en conférence de presse que l’entreprise est coupable et qu’elle la condamnera lourdement avant que l’accusée ait pu présenter le moindre argument en défense. Imagine-t-on un président de tribunal correctionnel proclamer au tout début de l’enquête qu’il condamnera les prévenus ?

Et quand les personnes condamnées par la Commission forment un recours, les « juges européens » refusent purement et simplement d’examiner toute la partie « appréciations complexes » du dossier d’accusation et de s’interroger sur les violations flagrantes des droits de l’homme dans la procédure de la Commission.

Aucune institution en Europe ne viole autant la séparation des pouvoirs et les principes élémentaires du procès équitable que la Commission de Bruxelles. C’est l’une des raisons pour lesquelles elle devrait être supprimée.

Comment une institution aussi liberticide et déconsidérée ose-t-elle s’en prendre au Parlement démocratiquement élu de la Pologne pour défendre des magistrats qui défendaient dans leur jeunesse l’Etat de droit stalinien ?

La Commission européenne est à l’Etat de droit ce qu’Harvey Weinstein est à la lutte contre le sexisme : une grande donneuse de leçons incapable de respecter les règles les plus élémentaires qu’elle prétend défendre. Sa procédure contre la Pologne est aussi respectable que la présence du célèbre Harvey dans les manifestations féministes. La Commission n’est pas seulement dépourvue de légitimité démocratique, elle est aussi dépourvue de légitimité morale, tant elle viole régulièrement les droits de l’homme et la séparation des pouvoirs. Son agression contre la Pologne n’est pas seulement ridicule, elle est indigne.

Cette agression n’est qu’un énième abus de pouvoir de Bruxelles pour punir les gouvernements qui ont le malheur de lui déplaire et interdire aux peuples européens de se gouverner eux-mêmes. Mais personne n’est plus mal placé que la Commission européenne pour critiquer la loi polonaise.