Faisant fi des menaces et des invectives, les Britanniques décidèrent de quitter l’Union Européenne. Il serait temps d’apprendre que la démocratie britannique et son Parlement sont imperméables à la menace et à l’invective. L’attachement des Britanniques à la souveraineté et à la démocratie remonte aux racines même de l’histoire de ce pays et jamais les institutions britanniques ne s’abaisseraient à écouter les ordres de fonctionnaires et de technocrates sans légitimité démocratique.

Frustrés, ces fonctionnaires de la Commission continuèrent de promettre mille fléaux. Michel Barnier, négociateur du Brexit pour la Commission Européenne, Guy Verhofstadt, négociateur pour le Parlement Européen et Jean-Claude Juncker sortirent les grands discours : ce sera un « Hard Brexit » ou rien ! Theresa May, nouvellement nommée Premier Ministre du Royaume-Uni, répondit : « Brexit means Brexit ». Brexit veut dire Brexit.

Les institutions européennes mais aussi certains dirigeants comme Emmanuel Macron ont voulu « punir » le Royaume-Uni et continuent dans cette folie contraire au respect des peuples mais aussi des intérêts de la France car les Britanniques sont parmi les premiers partenaires commerciaux de la France !

Il est évident qu’il faut s’entendre avec le Royaume-Uni pour continuer à avoir des relations fructueuses. La France devrait même s’inspirer de certaines politiques de patriotisme économique menées par Londres !

Et si nous en sommes-là, c’est qu’il faut mettre au crédit du gouvernement de Theresa May un véritable effort économique. Dès sa nomination comme Premier Ministre, son premier discours fut économique et social. Il fut un discours de rupture avec les choix socialement injustes, qu’ils soient teintés de bleu avec Margareth Thatcher, John Major ou David Cameron, ou teintés de rouge avec Tony Blair et Gordon Brown. Le Royaume-Uni entrait dans une ère d’interventionnisme économique, version libérale, avec une politique de réindustrialisation et un effort envers les classes populaires qui ont fait beaucoup de sacrifices suite à la crise financière de 2008.

Ce volontarisme économique était censé muscler le Royaume-Uni face au Brexit qui, très certainement, aura ébranlé et ébranlera l’économie européenne. Mais la catastrophe annoncée n’a pas eu lieu comme en témoignent les chiffres qui sortent sur l’année 2017. Au lieu du chaos, le Royaume-Uni a atteint le plus faible taux de chômage, 4.3%, et son plus fort taux d’emploi depuis 43 ans. 3 britanniques sur 4 a un emploi, le britannique restant étant soit retraité soit un enfant. Le chômage des jeunes est de 10 points inférieur à la France, à 10.7% des 16-24 ans.

Au niveau économique, le Royaume-Uni a vu sa croissance s’accélérer et la création de 560.000 emplois en 2017. Un record.

On a dit que les banques et les Européens fuiraient le Royaume-Uni. On a annoncé le départ de 100.000 personnes, ils n’ont été que de 3.000. Le nombre de travailleurs européens a même augmenté. Selon l’Office for National Statistics, pour 1 travailleur européen qui est parti, 7 sont arrivés.

La Livre Sterling s’est effondrée et ne pourrait plus être une grande monnaie de réserve et d’échange, nous a-t-on hurlé. La baisse de 10% de la Livre a dopé les exportations de 10.4% en 2017, soit 60 milliards de £ supplémentaires de produits marchands et de services exportés, presque 3 points de PIB. La baisse a même permis de doper les investissements nationaux et étrangers. Déjà, dès le lendemain du Brexit, la bourse de Londres repartait à la hausse. Le 26 juin 2016, 3 jours après le vote sur le Brexit, la marque de Luxe Aston Martin annonçait la création de 750 emplois au Pays de Galles. Le 8 juillet 2016, Sajid Javid, Secrétaire d’Etat au Commerce du Royaume-Uni annonçait des contacts avec l’Inde, les Etats-Unis, la Chine, le Japon et la Corée du Sud pour des traités commerciaux. Et pendant ce temps, Monsieur Barnier s’offusque et trouve inadmissible que le Royaume-Uni cherche à commercer dans le monde plutôt qu’à travailler sur ses folles exigences sur le Brexit.

Et tant d’autres exemples ! Huawei Mobile et General Electric annonçant le 20 juillet 2016 un accord pour augmenter la production au Royaume-Uni ou le rachat d’ARM, entreprise de nouvelles technologies, rachetée par le japonais Softbank pour 24 milliards de £. Tout cela lié à la baisse de la Livre, mais aussi par les annonces du gouvernement de renforcer l’industrie britannique.

Est-ce un miracle si le Royaume-Uni a tenu bon ? Non, il n’existe pas de miracle en économie et en politique. Le gouvernement britannique a su respecter la décision des Britanniques et tenir un cap. Malgré les grands cris effrayés de certains fonctionnaires et politiques, le Royaume-Uni a su maintenir la confiance avec les acteurs économiques et a redoublé d’efforts pour développer de nouvelles stratégies de développement et maintenir le cap.

C’est peut-être là ce qui fait défaut à la France. Au lieu de muscler nos outils d’investissement, de donner un cap clair et de s’y tenir afin de conserver la confiance des investisseurs, les gouvernements successifs se sont occupés de faire de la comptabilité budgétaire au lieu d’investir, de faire de la maintenance là où il aurait fallu réformer, de sacrifier nos champions industriels au lieu de les renforcer et surtout d’accompagner et de se battre avec nos entreprises pour conserver notre statut de force économique incontournable dans le monde.

Le Brexit nous enseigne une chose : il n’y a pas de fatalité, ce qu’il faut c’est juste de l’ambition pour son pays.