A force d’appuyer sur le frein des dépenses publiques sans parallèlement doper la compétitivité de nos entreprises et protéger nos marchés de la concurrence déloyale, nos économies s’enfoncent dans la récession cumulative.

Le dernier rapport sur les perspectives de l’économie mondiale par le fonds monétaire international est accablant. Il révèle que les conséquences des plans d’austérité ont été manifestement sous estimées par les experts de l’Union européenne.

Le « fameux multiplicateur » ne serait pas de 0,5 mais de 0,9 à 1,7. Cela veut dire que lorsque l’on réduit une dépense publique de 100 euros, le résultat en baisse de la richesse nationale n’est pas de 50 comme prévu (100 x 0,5) mais de 90 à 170 !

Exactement ce qui c’était passé après la crise de 1929 lorsque les gouvernements occidentaux avaient tous en catastrophe réduit leur budget et en vérité aggravé la crise.

C’est exactement ce que j’ai dit à l’Assemblée nationale tout au long du débat sur le traité budgétaire européen.

Je me souviens encore des paroles lénifiantes du gouvernement m’assurant qu’il fallait faire le pari de la croissance. Le pari est bien évidemment aujourd’hui perdu car on n’a jamais vu une voiture démarrer en côte avec le frein à main serré.

Le taux de chômage atteint 25% en Grèce. La moitié des jeunes espagnols sont à la recherche d’un emploi. Les faillites se multiplient en France. Tous les prix Nobel d’économie s’inquiètent. Et pourtant, rien n’est fait.

Mr Cazeneuve, Ministre des Affaires européennes, a reçu en grande pompe à l’Assemblée nationale avant-hier Mme Viviane Reding, Commissaire Européen, qui est venue donner des ordres aux parlementaires français réunis dans une salle annexe de l’hémicycle.

Elle a récité le catéchisme qui mène l’Europe à la ruine et à la division et les socialistes français se sont couchés comme d’habitude.

Le summum de l’aveuglement est aujourd’hui atteint avec l’entretien de François Hollande dans le journal Le Monde. Pour lui l’Europe ne serait qu’un Malade imaginaire. Le pire serait passé. La zone euro serait sauvée et la croissance au coin de la rue. Quel décalage criant avec la réalité économique du pays !

Mais toutes ces déclarations de Docteur Mabuse sont là pour occulter les vrais défis et notamment celui de la concurrence déloyale. Dans le domaine automobile par exemple, un journal du soir révélait hier comment les marques coréennes sont entrain de damner le pion à nos constructeurs.

La raison est très simple. En juillet 2011 l’Union européenne a signé un traité de libre échange déséquilibré avec la Corée du Sud. Des importations de voitures chez nous ne subiront plus de droits de douane mais bien sûr les voitures européennes en Corée en paieront toujours.

Pourquoi les constructeurs coréens réussissent ? Tout simplement parce qu’ils profitent à fond de la faiblesse de leur monnaie, le won, parce qu’ils s’appuient sur un marché intérieur ultra protégé (80% des parts de marché) et parce qu’ils viennent de signer un accord avec l’Union européenne totalement déséquilibré en leur faveur.

Comment, dans ces conditions, pourrons-nous éviter les délocalisations qui s’accélèrent et la misère qui progresse ?

Encore une fois, il y a urgence à mettre en œuvre un protectionnisme intelligent, non pas pour nous couper du monde, mais pour rétablir tout simplement la loyauté de l’échange.