Paradoxalement, cette action ancienne et continue n’a pas été suffisamment mise en valeur dans mon action nationale. Depuis plusieurs années cependant, et en particulier depuis l’élection présidentielle de 2012, Debout la France a pleinement intégré l’écologie dans son projet alternatif pour la France ; je tiens à cet égard à saluer le travail de mon ami et soutien Jean-Pierre Enjalbert, Maire de Saint-Prix.

La pollution de l’air fait partie des défis les plus importants que nous devons relever collectivement. Au-delà du tragique problème du réchauffement climatique, un récent rapport estimait que les émissions de particules provoquaient la mort prématurée de 48 000 Français chaque année et des centaines de milliers de maladies chroniques. L’ampleur de ces chiffres est sans doute discutable mais il montre de façon certaine l’importance du sujet d’autant plus que les implications économiques et financières sont elles aussi déterminantes puisque le coût des importations de pétrole et de gaz en France représente entre 40 et 60 milliards d’euros par an !

Le transport des personnes et des biens joue un rôle prépondérant dans cette pollution même si d’autres problèmes pèsent lourd sur la qualité de l’air en France, comme la pollution émise par les centrales à charbon et à gaz de nos voisins européens.

Or, les hasards du calendrier mettent côte-à-côte deux initiatives qui nous rappellent à quel point nous ne devons plus laisser le monopole de l’écologie à des incapables. Nous venons ainsi d’apprendre cette semaine que l’agence qui analyse la qualité de l’air en Île de France, AirParif, a rendu ses conclusions sur les multiples mesures de restriction prises par Anne Hidalgo alors que Nicolas Hulot présente une loi pour interdire d’ici 2040 la production d’hydrocarbures en France. D’un côté, nous subissons une certaine gauche intégriste incarnée par Anne Hidalgo et de l’autre, une technocratie qui manipule des figures médiatiques comme Nicolas Hulot pour masquer l’absence de vision à la mesure des défis que nous pourrions relever avec un peu d’audace et d’ambition.

Si les intentions affichées d’Anne Hidalgo et de Nicolas Hulot sont tout à fait louables, leurs projets ratent complétement leur objectif ! La première brûle les étapes et aggrave les problèmes, et le deuxième est beaucoup trop lent et ne prend aucune mesure pour vraiment changer les choses.

En décidant de fermer les voies rapides sur berge en 2016, et d’une manière générale, de persécuter les automobilistes qui viennent à Paris, Anne Hidalgo a jeté des millions de Franciliens dans un enfer quotidien tout en aggravant les embouteillages et donc la pollution dans toute l’Île de France et par conséquence, dans tout le pays. L’obsession anti-voiture d’Anne Hidalgo a son pendant dans la majorité des grandes villes dirigées par des privilégiés qui ne soucient pas de l’intérêt général, de Lille à Lyon en passant par Rennes ou Bordeaux. D’une manière générale, les embouteillages urbains au quotidien coûtent 20 milliards d’euros par an à notre pays et font perdre 1h30 aux travailleurs !

L’erreur d’Anne Hidalgo relève d’un véritable sectarisme politique. Elue par des bobos, elle mène une politique de bobo, pour les bobos et avec les bobos. Lors des élections régionales en 2015, j’avais alerté sur le fait que limiter la circulation des voitures dans Paris ne résoudrait aucun problème de fond puisque les transports en commun sont totalement incapables d’absorber les flux de nouveaux utilisateurs. Les voyageurs qui utilisent déjà le RER ou le Métro vivent déjà un enfer, le réseau étant complétement saturé, éreinté par un sous-investissement chronique, d’autant plus qu’on continue à concentrer les habitants et les richesses en Île de France au lieu de les répartir sur tout le territoire français.

Mes remarques de bon sens se sont avérées justifiées puisque le rapport de l’agence AirParif est clair : la pollution en Ile de France s’est bel et bien déplacée et aggravée. Evidemment, les 3.5 kms de voies sur berge au centre de Paris sont un peu moins polluées mais cette pollution s’est reportée d’une manière bien plus grave sur les voies parallèles dans la capitale elle-même mais surtout sur plusieurs axes importants en dehors de Paris. En un an seulement, les embouteillages se sont aggravés de 8%, créant des dizaines de kilomètres de bouchons supplémentaires et autant de pollution dans toute l’Île de France.

Naturellement, il ne s’agit pas de ne rien faire. Conscient des problèmes de pollution atmosphérique que subissent les Parisiens et les Franciliens, j’avais fait des propositions fortes qui restent à mes yeux pertinentes. Il était ainsi tout à fait possible de limiter la circulation automobile le week-end et en particulier le dimanche, quand les travailleurs n’ont pas les mêmes obligations de déplacement. Les berges de la Seine et leurs alentours pourraient alors être consacrés aux loisirs des habitants. Pour décongestionner Paris et la petite couronne il faudrait aussi rendre gratuite certaines portions d'autoroute, en particulier l'A86 qui permettrait de contourner l’Ile de France sur un axe européen Nord/Sud pour éviter que des flux de voitures et de poids lourds prennent les voies gratuites au cœur de l’Ile de France pour éviter de payer. Enfin, nous devons concentrer les investissements sur les lignes de transport en commun existantes et ne pas se disperser dans des nouvelles lignes tous azimuts extrêmement coûteuses alors qu’une densification des lignes de bus en site propre permettrait de répondre aux nouveaux besoins.

Malheureusement, l’intégrisme d’Anne Hidalgo s’amplifie à mesure que les échecs s’accumulent. Alors que même la préfecture de police de Paris a déclaré que les nouveaux projets de la Maire socialiste pour limiter encore la circulation automobile mettaient en péril la capacité d’intervention des forces de secours en cas d’attentat ou d’accident grave, Anne Hidalgo n’écoute aucun avis contradictoire, ne tient pas compte des faits qui montrent que son plan ne fonctionne pas et méprise les difficultés réelles rencontrées par les Franciliens.

Au lieu d’organiser la congestion et la pénurie en frappant les classes moyennes qui doivent utiliser leur voiture ou qui ne disposent pas de réelle solution de transport en commun, nos dirigeants feraient mieux d’avoir une vision concrète d’avenir, à savoir une transition rapide vers le véhicule hybride et électrique. Anne Hidalgo, toujours elle, veut interdire les véhicules diesel à Paris en 2024 et l’essence en 2030. Encore faudrait-il que l’Etat s’en donne les moyens car ce n’est pas à la mairie de Paris qu’une telle révolution peut se décider et réussir sans exclure injustement des millions de familles et de travailleurs !

Or justement, les projets du ministre de l’environnement Nicolas Hulot, vont bien trop lentement. En annonçant que la France ne produirait plus de pétrole ni de gaz en 2040, il met en scène une révolution d’opérette ! Notre pays ne produisant qu’à peine 1% de sa consommation d’hydrocarbures, interdire l’exploitation pour limiter la pollution relève soit de la plus singulière incompétence soit d’une grossière manipulation. Le vrai défi que la France doit relever est de cesser le plus vite possible ses importations massives de pétrole et de gaz en consommant d’autres types d’énergie pour le transport des biens et des personnes. La France dispose en particulier d’un atout considérable : notre électricité décartonnée et propre ! Le PDG de Total, Patrick Pouyanné ne s’y est d’ailleurs pas trompé puisqu’il vient de déclarer que l’électricité serait l’énergie du XXIème siècle, un comble pour le champion du pétrole et du gaz français !

Pour effacer notre facture pétrolière de 40 à 60 milliards d’euros par an et les émissions polluantes qui vont de pair, nous devons accélérer très fortement la transition des voitures à essence ou diesel des Français vers les voitures hybrides et surtout les voitures 100% électriques. Le ministre de l’environnement a dévoilé en juillet dernier un plan minable qui vise 2040, c’est-à-dire la Saint-Glinglin. D’une manière générale, il faudrait cesser d’accorder la moindre crédibilité à des calendriers renvoyant à après-demain des politiques que l’on pourrait mener aujourd’hui !

Accélérer radicalement la transition du parc automobile français, et en particulier les voitures des Français qui vivent en agglomération urbaine dense, est une solution bien plus intelligente et positive pour réduire drastiquement la pollution urbaine. Nous disposons au demeurant des technologies et des filières industrielles nécessaires. Si l’Etat s’engageait clairement et rapidement dans cette voie, les entreprises disposeraient d’un large marché garanti pour les voitures électriques qui leur permettrait de faire les investissements de rupture et une véritable percée technologique sur nos concurrents internationaux. De la même façon, l’Etat et les collectivités territoriales gagneraient beaucoup à investir dans les infrastructures de recharge et de stockage électrique nécessaires à la réussite de la filière. Avec une facture pétrolière et gazière de 50 milliards d’euros en moyenne que nous payons à des pays étrangers, la même somme investie en France représenterait des investissements nouveaux pesant entre 2 et 3% du PIB !

Une transition accélérée est tout à fait possible. Lors de la campagne européenne, notre tête de liste dans le Nord-Ouest, Jean-Philippe Tanguy, avait porté un objectif de généralisation de la voiture électrique en 2025 comme l’un de nos grands chantiers européens. A l’époque, cela n’intéressait hélas pas les médias mais la Norvège elle, a lancé ce beau projet. En 2017, 40% des voitures vendues en Norvège seront électriques ou hybrides, dont 20% purement électriques. Et pourtant les Norvégiens n’ont pas nos filières industrielles à portée de main et sont un grand exportateur de pétrole en Europe !

De fait, il ne s’agit pas d’obliger les Français à acheter des voitures propres aujourd’hui plus chères et dont les performances doivent être encore améliorées mais de donner un cap clair qui permettrait aux acteurs économiques d’organiser une production massive et donc de baisser les prix. Il est évident que les coûts de production d’une filière qui passeraient de 1 à 100% à terme entraînent des économies d’échelle massives et des innovations en grappe. On sait aujourd’hui qu’il n’y a aucun obstacle technique ou industriel à la généralisation des motorisations électriques mais uniquement un blocage structurel que seule la volonté générale incarnée par l’Etat peut lever.

L’écologie n’est pas cosmétique, elle doit être au cœur d’un projet de redressement national parce qu’elle répond aux grands défis du monde sur une croissance pérenne qui mise sur une production relocalisée, la valorisation des ressources de chaque pays et la diminution des égalités sociales par le travail. C’est aussi un sujet qui demande du courage, un esprit de justice et une véritable vision politique, deux valeurs qui nous différencient de nos adversaires politiques !