Afin de limiter la propagation du Coronavirus dans notre pays, le Président de la République vient d’annoncer plusieurs mesures parmi lesquelles la fermeture des écoles et universités. Si cette dernière mesure était indispensable, elle ne suffira toutefois pas à endiguer l’épidémie sans moyens concrets pour protéger nos soignants (notamment des masques), généraliser les tests de dépistage, ou encore contrôler nos frontières.

En effet, le Président de la République n’a apporté aucune réponse concrète aux personnels de santé dévoués sur le terrain qui n’ont toujours pas les équipements nécessaires pour se protéger, en particulier les professionnels libéraux, pourtant en première ligne. Alors qu’il était d’un milliard d’unités en 2011, le stock d’Etat de masques chirurgicaux est de 87 millions aujourd’hui. Quant au stock de masques FFP2, il est inexistant alors que nous disposions de 700 millions de masques en 2011 ! Quand nos soignants seront-ils équipés pour d’une part pouvoir se protéger, et d’autre part éviter de contaminer leurs patients ?

Ensuite, Emmanuel Macron n’a absolument pas évoqué l’élargissement des tests de dépistage pour la population. Pourtant, la Corée du Sud et l’Allemagne ont démontré à quel point une telle politique était efficace pour les pays qui n’avaient pas contrôlé leurs frontières dès le début de l’épidémie.

Enfin, le Chef d’Etat n’a pas apporté de réponse précise face au manque de moyens dans notre hôpital public, en particulier concernant la disponibilité de lits de réanimation si jamais les cas graves se multipliaient. L’exemple tragique de nos amis italiens montre qu’il faut se préparer au pire pour protéger au mieux les Françaises et les Français. D’autant plus qu’aucune mesure préventive n’a été annoncée pour anticiper des éventuelles ruptures d’approvisionnement de matériels et médicaments produits en Chine ou ailleurs en Asie.

A terme, j’espère que nous tirerons les enseignements de cette crise sanitaire, à commencer par la nécessité de reconstruire l’hôpital public français, de disposer de stocks stratégiques de masques FFP2 et autres matériels de protection indispensables, et de relocaliser nos productions stratégiques et vitales, à l’instar des principes actifs des médicaments utilisés.

Ce soir, je souhaite apporter mon plus sincère soutien à nos personnels soignants qui sont et seront dans les prochaines semaines en première ligne. Je continuerai à réclamer les mesures qui s’imposent pour faire face à l’épidémie. L’union nationale, oui, mais avec des actes concrets et efficaces… La situation est trop grave pour se satisfaire de belles paroles et demi-mesures.

Nicolas Dupont-Aignan, Président de Debout La France, Député de l’Essonne.