A qui la faute ?

A tous les gouvernements successifs qui ont laissé détricoter la seule politique européenne qui avait marché : la politique agricole commune. Cette politique, fruit du rapport de force imposé par le général de Gaulle dans les années 60 à l’occasion de la fameuse crise de la chaise vide, avait permis de réguler efficacement les marchés agricoles pour éviter les fluctuation erratiques des prix et permettre, par la préférence communautaire, la modernisation de l’agriculture européenne et l’autosuffisance alimentaire. Cette politique a remarquablement fonctionné pendant 40 ans, même si elle connaissait des dérives et représentait un coût.

Dans les années 2000, la France faible a laissé, avec l’élargissement à l’Est et l’influence ultra libérale des eurocrates comme de certains de nos voisins, la Commission détruire toutes les organisations de marchés et les prix plancher garantis.

Les gouvernements auraient dû anticiper les conséquences de décisions tragiques comme par exemple la suppression des quotas laitiers. Messieurs Barnier, puis Le Maire, puis Le Foll ont capitulé au Conseil des Ministres européen en acceptant la suppression du prix garanti du lait et des quotas.

Résultat : depuis le 1er avril, le marché français connaît une chute du prix du lait liée aux importations massives en provenance de pays à bas-coûts de production, peu regardants sur la qualité et n'ayant aucun besoin d'aménager leur territoire à travers une agriculture vivante.

La situation de la viande est identique. Nos éleveurs font face à la concurrence déloyale des producteurs allemands, espagnols ou polonais, qui pratiquent des politiques sociales et salariales inexistantes, via notamment l'emploi d'une main d’œuvre de travailleurs détachés surexploités pour des salaires de misère.

Ce n’est pas en proposant des reports temporaires de dette que le gouvernement va régler ce problème, qui est et demeurera structurel.

A Debout la France nous sommes cohérents. Nous ne faisons pas semblant, comme le Président de la République, de protéger la viande française alors qu’il négocie en douce le TAFTA qui va ouvrir nos marchés à une viande américaine à bas-coût et bourrée d’hormones.

Nous ne faisons pas semblant, comme M Le Maire, de défendre les agriculteurs alors qu’il ne remet pas en cause le pouvoir de Bruxelles qui détruit l’agriculture française en même temps que ce qui reste de l'ancien modèle agricole européen, « l'Europe verte ».

Il y a deux solutions désormais : soit nous ouvrons et gagnons la crise avec nos partenaires pour reconstruire une PAC protectrice, soit nous devons renationaliser la politique agricole.

En attendant, je propose des mesures simples et urgentes : • Alléger la dette des agriculteurs ; • Mettre en œuvre sans attendre l’autorisation de Bruxelles, le label viande française ; • Supprimer les cotisations sociales sur les salariés agricoles pour les remplacer par une taxe minime et indolore sur la grande distribution ; • Rompre unilatéralement avec la directive travailleurs détachés ; • Rompre les négociations TAFTA ; • Rétablir un prix garanti du lait et bloquer les importations au-delà d’un plafond autorisé.

Il est temps de traiter les problèmes de l’agriculture française à la racine et, là comme ailleurs, de cesser l'aveuglement sur les conséquences fatales de l'Europe de Bruxelles.