Quand on sait combien chaque contribuable paie pour le cinéma français, à travers de multiples aides autant encensées que décriées, on ne peut que trouver Gérard Depardieu bien ingrat.

Ce sont aussi, que je sache, les Français qui, par leur présence dans les salles obscures, lui ont permis d’acquérir une envergure de star internationale et de gagner tant d’argent.

En fin de compte, tous ceux qui se comportent en déserteurs de notre Nation, me font de la peine. Mesurent-ils une seconde la petitesse de leur (in)conduite ? Ils devraient relire l’Avare de Molière.

Reconnaissons aussi que la France témoigne d’un flagrant excès d’indulgence. Tous ces exilés fiscaux ne se gênent pas pour venir passer leurs vacances dans notre pays, faire la promotion de leur film, de leur livre, d’un parfum ou d’un article de mode, ou pour se faire soigner dans les meilleurs hôpitaux parisiens.

Pendant ce temps-là les classes moyennes travaillent de plus en plus dur pour colmater les brèches et payer les impôts dont ce « beau monde » s’exonère sans scrupule ni regret.

Aux Etats-Unis, chaque citoyen même résident fiscal à l’étranger doit payer un impôt de nationalité américaine sous peine de ne pas entrer sur le territoire américain.

Durant la campagne présidentielle, j’ai proposé la transposition en France de cette mesure de justice et de bon sens. Si j’ai bonne mémoire, d’autres l’ont fait aussi mais se sont empressés de l’oublier ensuite…

D’une manière générale, on ne peut que s’interroger sur le laxisme de Bercy à l’égard de l’évasion fiscale, encouragée il est vrai par le laxisme plus grand encore de l’Union européenne en la matière. Je prépare au nom de la Commission des Affaires Etrangères avec mon collègue Alain Bocquet, Député du Nord, un rapport sur les paradis fiscaux et ce que je découvre est proprement ahurissant. Quand le fisc américain poursuit avec acharnement UBS (Union des Banques Suisses) nos services fiscaux se heurtent à une véritable omerta.

Je recommande à tous, à cet égard, le livre d’Antoine Peillon : « Ces 600 milliards qui manquent à la France » (Editions Seuil).

A la fin d’Obélix et Cie, le fameux livreur de menhirs renonce au démon de l’argent qui est en train de détruire le village gaulois. Gérard Depardieu, qui vient une nouvelle fois d’incarner ce personnage à l’écran, aura-t-il cette sagesse ?