Nous étions, devant la Préfecture d’Evry, les porte-paroles de cette majorité silencieuse qui subit la loi d’une réforme bâclée et imposée par un gouvernement qui s’obstine à diriger le pays contre les élus de terrain.

Cette réforme est pourtant inapplicable tant sur le fond que sur la forme. Recruter des animateurs compétents, formés, capables d'assumer leur rôle auprès des enfants relève en effet du casse-tête pour la plupart des 36 000 communes de France.

Derrière ses difficultés d'application pratique subsiste également des problèmes de principe. Comment imposer un transfert de 3 heures autrefois assurés par l'Etat vers des communes qui n’ont pas les mêmes capacités et qui seront dans l’obligation d’augmenter les impôts locaux pour offrir les activités périscolaires ?

En tant que républicain, j’estime que l'enfant, qu'il habite dans un petit village de province ou dans le cœur de Paris, doit bénéficier du même service public.

Hier matin était également l’occasion pour certains parents socialistes en faveur de cette réforme d’instrumentaliser des médias pour faire croire que les parents d'élèves de nos villes ne nous soutiendraient pas or c'est bien plus de 90 % d'entre eux qui ont soutenu notre action !

Rappelons également que cette réforme ne procède que d'un décret qui sera d’ailleurs, je l'espère, annulé le Conseil d'Etat car il ne compense pas les charges qu'il impose aux communes.

Le procès stalinien intenté aux maires qui seraient « anti-républicains » par les habituels professionnels de l’indignation sélective est pathétique. Il n’y aurait ainsi rien de choquant à ce que des cheminots ou des enseignants manifestent pour défendre le service public alors que des élus de terrain n’auraient pas le droit de défendre l'égalité des territoires, sans parler même de l'aspect fiscal, car je ne doute pas un instant que les Français, lorsqu'ils recevront leur feuille d’impôts locaux, comprendront encore mieux pourquoi nous avons voulu alerter l'opinion !

Le gouvernement est devant un choix simple : soit il accorde un délai supplémentaire aux communes pour s’adapter aux réformes, soit il prend la responsabilité de gouverner contre des élus locaux au risque de perdre le peu de crédibilité qu’il lui reste.