Au gré des rencontres que j’ai pu faire cette semaine (déplacements en régions, activités dans ma ville et ma circonscription, etc.), je sens monter chez nos concitoyens un ras le bol bien compréhensible.

Les médias s’emballent, comme si le nombrilisme parisien de certains éditorialistes devait tout emporter, au point d’ailleurs d’accroître un peu plus le fossé entre les journalistes et les Français. J’ai bien sûr conscience que leur tâche n’est pas aisée, mais il leur faut comprendre de leur côté que le public est arrivé à saturation et que l’indigestion guette !

Tout cela finit par donner la désagréable impression que, loin d’être uniquement le candidat favori des sondages pour la prochaine élection présidentielle, DSK était devenu le champion d’un microcosme parisien ayant décidé, à l’avance et à la place des Français, qui devrait succéder à Nicolas Sarkozy. Il est vrai que le patron démissionnaire du FMI incarnait exactement le profil idéal d’une certaine classe dirigeante française qui, sous une apparence de générosité, a le cœur à gauche et le portefeuille à droite. D’un côté, partisan de l’austérité la plus implacable pour les Grecs, les Portugais et les autres, de l’autre, beau parleur distillant de bons sentiments qui permettent d’endormir le peuple.

Il ne s’agit pas dans mon esprit de condamner par avance l’homme aux prises avec la justice américaine, mais de regarder en face pourquoi il plaisait tant à celles et ceux qui rêvent de maintenir leurs privilèges tout en se payant à peu de frais une bonne conscience.

Mais au-delà de toute l’écume, il y a la force de la vague de protestation sociale et politique qui ne manquera pas d’emporter, un jour ou l’autre, les sourds et les aveugles volontaires…

Durant cette semaine nombriliste, où la France n’a d’ailleurs pas donné la meilleure image d’elle-même, les évènements habituels ont continué à se succéder, une difficulté cent fois dénoncée en chassant imperturbablement une autre.

Progression de l’insécurité (les derniers chiffres des agressions physiques et homicides sont inquiétants), montée des inégalités (l’impôt sur la fortune est scandaleusement allégé, les traders vont se partager 2 milliards de bonus et nos concitoyens sont étranglés par la hausse des prix), poursuite du démantèlement des services publics (fermeture de 1500 classes à la rentrée), crise agricole amplifiée par la sécheresse, poursuite des délocalisations,…)

Alors oui, j’aurais aimé cette semaine que l’on parle un peu plus de tout cela, des attentes, des souffrances, des espérances des Français. Qu’une présidentielle désormais virtuelle n’éclipse pas le débat présidentiel naissant, réel et plus que jamais urgent celui-là !

Quand le miroir médiatique ne reflète plus la vie vraie, il est à craindre que nos compatriotes ne soient tentés de le saisir et le briser de colère. Attention !