Ce mouvement est d’autant plus remarquable que les soignants hospitaliers continuent à travailler malgré cette protestation. Ce sont des héros du quotidien qui méritent notre soutien le plus total car ils défendent la santé de chacun.

La crise de l’hôpital public est le triste résultat de quatre dérives que les gouvernements successifs ont laissé s’aggraver.

Première dérive, la dégradation organisée de la médecine de ville et la disparition des soins de proximité renvoient tous les patients abandonnés vers l’hôpital public en général et les urgences en particulier. Or, aucun système de santé pérenne ne peut supporter une telle désertification médicale.

Deuxième dérive, les migrations et le tourisme médical sont complétement hors-contrôle. Dans des récents rapports, la députée Valérie Boyer d’une part et la sénatrice Nathalie Goulet d’autre part, ont dû se démener contre l’opacité de l’administration pour démontrer les conséquences financières dramatiques de l’immigration incontrôlée. Pour Valérie Boyer, la facture annuelle de toute l’immigration est d’au moins 25 milliards d’euros, dont une grande partie est liée à la prise en charge des soins. Pour Nathalie Goulet, la fraude à la Sécurité sociale est bel et bien de 15 milliards d’euros, dont la majorité, là aussi, est liée à des filières d’immigration incontrôlée. Comment notre sécurité sociale et nos services hospitaliers pourraient durablement supporter de tels phénomènes ?

Troisième dérive, l’insécurité grandissante et les revendications islamistes contre la laïcité qui sont devenues un véritable cancer pour le service public. Il est inadmissible que de telles violences physiques et psychologiques puissent se manifester au sein des sanctuaires que devraient être les hôpitaux ! On comprend pourquoi nos soignants n’en peuvent plus !

Quatrième dérive, les hôpitaux n’ont jamais eu les moyens financiers et humains en lien avec leurs véritables responsabilités. La désorganisation tragique des soins suite au passage aux 35H n’a jamais été compensée, créant des carences en personnels et un stress structurel insupportable qui ont aggravé la situation. Peut-on demander toujours plus aux personnels en leur donnant toujours moins ? évidemment non.

Au-delà des questions financières, les soignants se mobilisent pour défendre une certaine idée de leur métier et mettre un terme à la grande souffrance qu’ils subissent au travail.

Les jeunes médecins sont épuisés et fuient l’hôpital public qui les a pourtant formés : anesthésistes, experts reconnus de toutes spécialités complexes, ils ont durement travaillé pendant des années et partent ensuite exercer en ville, sinon à l’étranger, car l’écart des salaires ne cesse d’augmenter : il est parfois de 1 à 10 !

Résultat ? L’hôpital public peine de plus en plus à recruter : 25 % des postes de praticiens hospitaliers sont aujourd’hui vacants ; cette pénurie symbolise la paupérisation de l’outil hospitalier. Un radiologue va gagner deux fois plus en clinique, sans garde et avec deux fois moins de contraintes.

L’intérim médical coûte ainsi une fortune et ronge le service public de l’intérieur. Certains praticiens hospitaliers avec un poste stable préfèrent démissionner pour devenir intérimaire à 1500 euros par jour.

Le malaise des infirmiers est encore pire. Très bien formés, aguerris par des années d’expérience, ils ne peuvent plus supporter de voir leurs conditions de travail se dégrader, leur salaire stagner et leurs innombrables heures supplémentaires non payées. Les infirmiers français ont fait les frais de la politique d’austérité. Ils sont moins bien rémunérés que dans d’autres pays, soit à la 15ème place sur un panel de 33 pays. En 2006, un infirmier percevait un montant équivalent au salaire moyen, dix ans plus tard, il n’en touche plus que 90 %. Comment tolérer un tel manque de respect et de reconnaissance ?

Les fermetures des lits causées par la fuite des soignants ont déjà des conséquences concrètes dans la vie des malades : des patients sont refusés, des interventions chirurgicales déprogrammées et la qualité des soins en France finira forcement par se dégrader faute d’action publique forte.

En réalité, l’absence de réaction des gouvernements successifs face à de telles dérives qui ont mis notre système hospitalier au bord de l’écroulement démontre le déni de réalité permanent de ceux qui sont censés diriger la France : il n’y a pas de pilote dans l’avion !

Ainsi, pour des règles comptables absurdes et une absence totale de sens des responsabilités politiques, on a réduit les dépenses utiles au lieu de s’attaquer aux vraies dérives que nous venons d’énoncer. Il est plus facile de supprimer des lits, de refuser de recruter des personnels que de fermer les vannes de la submersion migratoire !

Alors, la solution pour sauver l’hôpital public n’est pas miraculeuse. Notre pays doit assumer le fait que dans un pays vieillissant, avec des technologies de plus en plus efficaces mais plus coûteuses, le budget de la santé augmente. Les ressources nécessaires n’imposent cependant pas d’alourdir les impôts des Français tant les gaspillages sont nombreux !

Nous devons aussi redéployer les moyens dans toute la France pour combattre la désertification rurale. Nous ouvrirons des centres de soins de proximité, des maternités et des hôpitaux dans les zones rurale et périphérique délaissées à travers la grande politique d’aménagement des territoires

Il y a de véritables économies à réaliser. Il s’agit d’abord d’arrêter les gaspillages que j’ai déjà dénoncés. On peut récupérer au moins 10 milliards d’euros en luttant contre le tourisme médical, l’immigration clandestine, la fraude aux cartes vitales. Il faut aussi s’attaquer aux rentes scandaleuses de l’industrie pharmaceutique qui impose sa loi et ses prix dans bien trop de domaines. Le développement de la prévention et de l’amélioration de l’hygiène de vie de toutes et de tous permettrait d’éviter bien des pathologies et les traitements parfois lourds qui les accompagnent.

Bien sûr des économies structurelles sont également possibles et nécessaires, notamment par l’écoute des personnels qui savent comment mieux s’organiser. Ainsi, je regrette que le gouvernement refuse que l’Etat reprenne la dette des hôpitaux. L’objectif est de redonner de l’oxygène aux hôpitaux.

Cette mesure de bon sens est pourtant une excellente idée qui permettrait à la fois des économies et un redéploiement des budgets. En effet, les taux d’intérêt de l’Etat pour emprunter sur les marchés étant négatifs, cette dette coûterait bien moins chère que les lignes de crédit détenues par les hôpitaux. Délestés de ces charges pesantes, les hôpitaux pourraient réinvestir dans des dépenses utiles : ouverture de lits, recrutement, rémunération, nouvelles technologies, amélioration de la sécurité.

Il est évident que ce ne sont pas aux hôpitaux d’assumer l’endettement lié à leur construction. Imagine-t-on les établissement scolaires s’endetter pour leurs bâtiments au détriment des enseignants ? Evidemment non, c’est pourquoi ce sont les collectivités locales et l’Etat qui assurent la construction des écoles, collèges, lycées et universités. Il faut appliquer le même régime aux hôpitaux !

L’ensemble de ces économies permettra d’augmenter l’Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie (ONDAM), c’est-à-dire le budget de la sécurité sociale. Ce dernier n’augmente que de 2.3% par an en général, et seulement 2.1% pour l’hôpital. DLF estime que les besoins réels imposent de passer cet ONDAM à 3% d’augmentation par an.

Enfin, le plan de codéveloppement pour l’Afrique que je propose depuis des années implique bien évidemment d’aider ces pays à acquérir un système de santé opérationnel. Si les nations africaines n’offrent pas les soins nécessaires à leur population, il sera impossible de stopper durablement l’immigration massive vers l’Europe et la France.

Le système de santé français et nos hôpitaux sont des véritables trésors nationaux et nos personnels soignants des héros du quotidien. Il est vital de soutenir leurs revendications et de proposer des solutions de bon sens pour défendre notre avenir et celui de nos enfants.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Président de Debout la France – Député de l’Essonne Véronique ROGEZ Déléguée nationale à la santé