Ainsi non seulement la finance prédatrice a provoqué la crise mais elle s’est encore enrichie avec elle : deux tiers des bénéfices ont été reversés en dividendes et de rachats d’actions entre 2009 et 2016 !

Ce comportement est grave pour notre économie car ce déséquilibre ne permet pas à nos entreprises d’investir dans l’avenir, de consacrer des moyens à la recherche et de mieux former ses employés. C’est pour cette raison que N. Dupont-Aignan s’était battu pour que les investissements faits pour produire en France soient soustraits à l’impôt sur les sociétés.

Le fait que seulement 5% en moyenne des bénéfices aillent aux salariés montre aussi que le travail n’est pas assez récompensé dans notre pays. Debout la France avait au contraire fait des propositions pour renforcer l’intéressement et la participation des salariés qui se sont investis dans le succès de l’entreprise.

Pire encore ces bénéfices redistribués ne vont pas vers l’économie française tant 1.454 filiales du CAC 40 situées dans des paradis fiscaux se portent bien ! Dans mon rapport parlementaire de 2012 sur l’évasion fiscale, je dénonçais l’inertie des différents gouvernements qui ne passaient jamais des paroles, aux actes. Rien n’a évolué dans le bon sens depuis.

Alors que la France suffoque par excès d’impôt et que nos retraités sont matraqués avec la hausse de la CSG (4.5 milliards !), ce serait un comble que l’Etat ne se donne pas les moyens de mettre la main sur les 60 à 80 milliards d’euros de perte fiscale qui soulageraient grandement ses comptes et le pouvoir d’achat de nos concitoyens !

Des solutions concrètes existent : - Développer l’épargne populaire vers les entreprises françaises en relançant la « participation gaullienne » des salariés en synergie avec les entreprises : baisse des taux d’impôts sur les sociétés d’1% pour 2% d’actionnariat salariés (dans une limite de 10 points de baisse d’IS) et exonération des sommes versées au titre de la participation du forfait social. - Favoriser l’investissement au sein de notre pays par des mesures incitatives : baisse des charges et des impôts pour les chefs d'entreprises "patriotes" qui conçoivent et produisent dans notre pays.

Ceci permettrait un rééquilibrage plus décent des profits de l’entreprise entre actionnaires et salariés mais aussi d’assurer l’avenir de notre outil économique.