Je me suis arrêté pour comprendre pourquoi ils stationnaient ici, toujours au même endroit, avec le danger que cela représente. Un chauffeur m’a expliqué la situation : « il y a une aire de repos à quelques kilomètres, mais nous n’y allons plus car nous nous faisons dévaliser les cargaisons de nos camions et agresser ». Pour pouvoir se reposer, les chauffeurs routiers sont donc obligés de s’arrêter au bord de la route et de monter la garde à tour de rôle pendant que certains dorment.

Voilà un témoignage de plus de l’état général de l’insécurité qui mine notre pays, un témoignage de plus de l’accoutumance à l’inacceptable.

Je pense aussi à l’anecdote d’un buraliste de ma ville qui me racontait il y a quelques semaines, qu’il allait chercher ses stocks de cigarettes au dépôt la peur au ventre car il était suivi en permanence par des voyous qui tentaient de le dépouiller au carrefour.

Je peux aussi citer l’exemple des bijoutiers qui veulent arrêter leur activité car ils subissent des attaques répétées, la dernière s’étant d’ailleurs soldée par un mort à Paris dans le 17ème arrondissement.

Ce dérèglement général n’épargne personne. Tous les Maires que je rencontre, même en zones rurales, me racontent que des bandes très organisées écument les campagnes à la recherche ici des plaques d’égouts, là de fils de cuivre.

Comment s’en étonner quand on sait l’impunité qui règne pour les délinquants dans notre pays ? Comment accepter que les gendarmeries et les commissariats de police se vident de leurs effectifs ? Que les tribunaux et les établissements pénitentiaires demeurent totalement saturés, ce qui oblige tout simplement les autorités – sous couvert d’une politique de réduction des peines soi-disant moderniste – à laisser les voyous à l’air libre ? « Ah, non, revenez demain, il n’y a plus de place dans cette prison » est le message subliminal envoyé en permanence à la petite délinquance, celle qui pourrit le quotidien de millions de Français mais aussi à la grande délinquance notamment financière qui rackette les Etats !

Et, pendant ce temps là, le folklore politicien continue. La majorité avec le rapport Ciotti veut faire croire qu’elle va agir et une bonne partie du PS propose la dépénalisation du cannabis.

Nos forces de gendarmerie et de police, ainsi que beaucoup de magistrats, sont totalement découragés. Le désordre s’installe dans notre pays et pourtant on sait très bien qu’il y a des solutions. Construction de 20 000 places de prison en utilisant notamment les casernes désaffectées, suppression des remises de peine, réelle peine-plancher pour les récidivistes, renforcement des moyens des tribunaux et des forces de police et de gendarmerie, véritable lutte contre le recyclage de l’argent sale de la drogue, contrôle des frontières et renvoi dans leur pays les étrangers qui commettent des délits graves.

Seulement voilà, la volonté manque de mettre un coup de pied dans la fourmilière et de remédier aux racines du mal, une mondialisation qui appauvrit et affaiblit la collectivité au seul bénéfice de quelques uns, qu’ils soient dans les palais nationaux, les conseils d’administration du CAC 40 ou à la tête de l’économie parallèle dans les banlieues déshéritées.

Drôle de pays en vérité que le nôtre, où on lutte contre les effets sans s’occuper des causes, sous le regard complaisant des prescripteurs d’opinion. Rendre le pouvoir aux Français, c’est leur proposer le choix de se sortir de cette impasse.

Ce sera tout le sens de ma candidature à l’élection présidentielle.