Le résultat est là dans toute sa cruauté : un produit intérieur brut réduit en quelques années de 25%, une dette en nette augmentation (175% du PIB) et des dégâts sociaux considérables (vague de suicides, explosion de la mortalité infantile, pauvreté de masse).

Cette vérité n’est pas bonne à dire en France ou à Bruxelles où règne comme d’habitude la politique de l’autruche : tout y est fait pour cacher la situation grecque afin de ne surtout pas remettre en cause le système de l’Union européenne qui conduit l’Europe dans le mur du chaos social et politique.

La manœuvre du Premier ministre Samaras consistant à faire pression sur les parlementaires pour faire élire un nouveau Président de la République à la veille de Noël et éviter ainsi des élections législatives anticipées, a échoué lamentablement grâce à la résistance de la dizaine de députés libres du groupe des Grecs indépendants.

Désormais les évènements vont s’accélérer ce qui est une chance pour la démocratie, pour la Grèce et pour l’Europe.

Pour la démocratie car enfin les Grecs vont pouvoir voter pour décider de leur sort. Je soutiendrai pendant cette campagne Panos Kamenos car son parti a le programme le plus cohérent. Il veut redonner à la Grèce son indépendance tout en proposant un très large rassemblement. Son alliance possible avec Syriza renforcerait singulièrement le poids et le sérieux de l’alternative proposée par Tsipras.

C’est une chance aussi pour la Grèce car c’est l’occasion inespérée de renégocier sa dette et surtout de retrouver sa liberté monétaire, ce qui est la seule solution pour renouer avec la compétitivité et la croissance, et donc l’emploi.

Face à la pression sans précédent de l’Allemagne qui se croit tout permis en Grèce, il serait bon de rappeler à Berlin la dette de guerre allemande envers Athènes qui n’a jamais été payée. De même, ne pas oublier qu’en 1953 les Alliés ont effacé la dette allemande pour permettre la réconciliation d’après-guerre.

Il faudra beaucoup de courage aux Grecs pour affronter la « dictature » bruxelloise et c’est le rôle des Français encore libres dans leur tête que de les y aider. Car nous allons assister, à n’en pas douter, à un déferlement de propagande prédisant l’apocalypse pour la Grèce et l’Europe. Ne cédons à aucune intimidation et rendons coup pour coup !

C’est une chance pour l’Europe, enfin : les peuples se réveillent en Grèce, en Espagne avec Podemos, en Italie, en France, en Angleterre avec Ukip.

Il faut maintenant relever deux défis.

Le premier défi est de rassurer nos concitoyens sur les bienfaits de ce sursaut national qui va mettre fin à des politiques économiques et sociales aussi absurdes qu’inefficaces.

Le second défi est de coordonner tous ces mouvements pour mettre fin à l’Union européenne dans le calme et reconstruire une alliance des Nations d’Europe fondée sur des coopérations concrètes par projet, permettant à la fois la flexibilité des politiques nationales intérieures et l’effet multiplicateur des coopérations pour peser dans la mondialisation.

Un vieux monde est en train de s’effondrer, un nouveau est en train de naître. C’est à nous de le rendre meilleur pour le plus grand bien des peuples d’Europe.