Voilà deux ans que « Jupiter » insulte régulièrement les dirigeants des pays étrangers, en particulier des pays alliés. Voici une liste non exhaustive de ses brillantes interventions :

· qualifier les dirigeants italiens de « lépreux nationalistes »

· traiter les dirigeants polonais et hongrois d’« esprits fous »

· inviter Donald Trump lors du centième anniversaire de la victoire de 1918 pour faire chanter devant lui une femme qui l’insulte depuis des années

· exclure la Serbie de la tribune présidentielle pendant cette cérémonie (alors qu’elle a perdu 28% de sa population en 4 ans en combattant à nos côtés…)

· accuser régulièrement les dirigeants russes de manipuler ses opposants politiques (avec une inquiétante propension au complotisme le plus ridicule)

· traiter les ministres britanniques pro-Brexit de menteurs et de manipulateurs à la solde de puissances étrangères

· publier une vidéo du Gouvernement qui présente le ministre de l’Intérieur italien comme un repoussoir pour inciter les Français à voter En Marche aux européennes (oui, une telle vidéo aux frais du contribuable est aussi un détournement de fonds publics mais En Marche n’est plus à ça près)

Les seuls dirigeants à trouver grâce aux yeux de notre Président sont les chinois qui pillent nos technologies et les saoudiens qui financent le terrorisme islamiste et découpent leurs opposants politiques dans leurs ambassades.

M. Macron est aussi injurieux envers les dirigeants étrangers qu’envers ses concitoyens (« fainéants », « gaulois réfractaires », « foule haine antisémite, raciste et homophobe », « ceux qui ne sont rien », « illettrés », etc.). Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il provoque autant d’hostilité chez les dirigeants étrangers qu’il insulte que chez les Français qu’il humilie.

Le malheur pour notre pays est que M. Macron est président de la République : son étrange besoin d’injurier autrui serait simplement gênant chez un particulier, il est catastrophique chez un chef d’Etat. Quand il provoque les dirigeants étrangers, il ne passe pas seulement pour un garnement mal élevé, il met en péril la position de la France dans le monde et la solidité de ses alliances internationales. La diplomatie doit être une main de fer dans un gant de velours, il faut être ferme sur le fond mais courtois dans la forme et ce n’est pas sans raison que le mot « diplomate » désigne à la fois un ambassadeur et une personne capable d’exposer sa position sans blesser inutilement ses interlocuteurs.

Le second problème de la diplomatie de l’injure chère à M. Macron est qu’elle ne produit aucun résultat concret favorable à notre pays. Les propos et les gestes blessants braquent inutilement les chefs d’Etat étrangers (comme ils provoquent inutilement les Français) et nuisent à la diplomatie de notre pays. Les chefs d’Etat sont encore plus susceptibles que les particuliers, les humilier gratuitement ne peut produire aucun résultat bénéfique.

Car à part satisfaire son penchant naturel à se conduire en garnement mal élevé, qu’a réussi « Jupiter » ? Il n’a rien obtenu des Etats-Unis, ni au sujet de l’Iran ni d’autre chose, alors que l’Italie a obtenu pour ses entreprises une dérogation aux sanctions américaines pour ceux qui commercent avec l’Iran. Il cède sur tout à l’Allemagne : pas de budget de l’UE, pas de réforme du travail détaché, pas de réforme de l’euro, mise en commun de notre défense sans contrepartie, partage sans contrepartie de notre influence diplomatique, etc. Il n’a généralement rien obtenu au niveau de l’UE, où plusieurs pays de l’Est lui seront hostiles par simple esprit de revanche parce qu’il a humilié leurs dirigeants.

En matière internationale, M. Macron pratique la main de velours dans un gant de fer : désagréable dans la forme, mou sur le fond.

Le Président de la République doit se ressaisir pour s’élever à la hauteur de sa fonction, qui exige la maîtrise de soi et non des petites phrases blessantes qui risquent de rendre la France aussi impopulaire dans le monde que M. Macron est impopulaire dans son pays.

Nicolas Dupont-Aignan Député de l’Essonne Président de Debout La France