Ce n’est pas, en effet, la première fois après les européennes, les cantonales et les régionales : voici maintenant le basculement historique du Sénat à gauche !

Défaite d’autant plus lourde que les grands électeurs ont davantage sanctionné la droite qu’adhéré à un projet de gauche totalement inexistant.

Si les Sénateurs UMP avaient été plus courageux en refusant la réforme territoriale, ils n’auraient pas perdu la majorité. Mais, comme toujours, au lieu de reconnaître leur défaite, au lieu d’en comprendre les raisons, la majorité présidentielle s’arc-boute sur la fausse explication des divisions pour ne pas faire son examen de conscience.

Il serait en effet temps d’admettre que si les candidats alternatifs ont eu tant de succès, il y a bien une raison.

Si Madame Balkany, scandaleusement investie par l’UMP, est de nouveau battue à plate couture, ce n’est pas pour rien.

Au-delà de la réforme territoriale qui porte atteinte à la liberté communale et à l’équilibre des territoires, cette élection révèle l’allergie de notre peuple à la présidence Sarkozy. Si les grands électeurs habituellement plus modérés que nos concitoyens en sont arrivés là, c’est bien parce qu’ils ne supportent plus à la fois la politique menée et la manière de gouverner.

Si Nicolas Sarkozy avait un peu de dignité, il annoncerait clairement sa décision de ne pas se représenter car c’est quand même un comble au moment où idéologiquement la France n’a jamais été aussi à droite que de laisser passer le Sénat à gauche.

Dans une France secouée par les affaires, abimée par une politique économique malthusienne, en proie au doute et à la résignation, il y a besoin plus que jamais d’une alternance politique patriotique et républicaine.

Très vite, les Français vont comprendre que la gauche n’a pas plus de solutions que la droite car l’une comme l’autre ne veulent corriger qu’à la marge le système délétère qu’elles ont construit.

Notre rôle est à l’inverse de changer ce système pour enfin pouvoir résoudre les problèmes quotidiens de nos concitoyens et redonner un espoir au pays qui, contrairement à ce qui est souvent dit, regorge d’atouts.