Sur le sujet du Proche Orient, ma position a du reste toujours été claire et juste. Israël doit pouvoir vivre en sécurité mais les Palestiniens ont, eux aussi, le droit à leur Etat.

François Mitterrand avait une phrase forte pour résumer la situation : « deux peuples pour une même terre avec un Dieu de chaque côté ».

Comme responsables politiques, notre devoir est de nous exprimer avec équilibre, et d’être digne de l’histoire et du rôle diplomatique de la France dans cette région.

La France, Nation qui a des choses à dire au monde, symbole de liberté et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, aurait dû, dès le début du conflit, parler haut et fort. C'est un comble que ce soit le Président de la République française qui ait rompu la tradition diplomatique gaullienne respectée par tous et n’ait pas été capable d’exprimer une position modérée, celle même que certains Israéliens ont eu le courage d’émettre en critiquant l’impasse du gouvernement Nétanyahou.

A cet égard, je recommande le remarquable article de Renaud Girard dans le Figaro d’aujourd’hui. Je pourrais en signer chaque ligne.

Curieux paradoxe de voir notre gouvernement si lâche, de peur de choquer le gouvernement israélien, et en même temps si faible face aux casseurs qui instrumentalisent la cause palestinienne pour déverser leur haine.

Comment, en effet, avoir pu interdire les manifestations des modérés et tolérer les violences des extrémistes ?

Pourquoi avoir tant attendu pour comprendre le besoin de nombreux Français d’afficher leur solidarité avec les Palestiniens ?

En vérité, dans cette période si délicate, il faut s’en tenir à trois principes :

Premier principe : une position juste et digne sur le droit des deux peuples à coexister. Cela passe par le désarmement du Hamas, la fin du blocus de Gaza et le retrait des territoires occupés. Cela passe aussi par une négociation entre le Hamas, l’autorité palestinienne et l’Etat d’Israël.

Deuxième principe : la liberté de manifester est un droit constitutionnel. Il faut en finir avec l’amalgame honteux qui voudrait que celui qui critique la politique d’Israël soit antisémite. L’instrumentalisation qu’a fait Manuel Valls dimanche de la cérémonie du Vel’ d’Hiv’ est indigne du martyre des victimes des camps de concentration.

Troisième principe : être impitoyable envers les casseurs et ceux qui s’attaquent aux Français, quelle que soit leur confession. Chacun doit pouvoir, dans le respect des lois de la République, prier où il veut et quand il veut. Je remarque l’importance du décalage entre les positions martiales du gouvernement et le laxisme de la justice française encore plus aggravé par la loi Taubira.

Certains à gauche découvrent tout à coup les « sauvages » produits par 20 ans de culture de l’excuse permanente.

En définitive, ce qui est le plus choquant dans la situation française d’aujourd’hui, c’est à la fois l’incapacité chronique à tirer la moindre leçon des évènements récents, et d’autre part, le flou permanent des positions de l’exécutif.

Ce flottement général explique la perte totale de crédibilité, de confiance et de considération de l’autorité politique chez nos concitoyens.

Plus que jamais nos compatriotes ont besoin d’une République et d’une France DEBOUT.