C'est pourquoi j'ai été le premier à exiger la suppression des remises de peine automatiques qui décrédibilisent la Justice française et conduisent à un sentiment quasi-total d'impunité chez les voyous et les malades.

Comment comprendre en effet qu'on puisse violer ou tuer dans notre pays pour seulement 5 ans de prison ?! Je me souviens d’une séance de nuit à l’Assemblée Nationale où pour rejeter mon amendement, la "gaulliste" Madame Alliot-Marie m’avait expliqué qu’il ne fallait pas désespérer les détenus des prisons et qu'il fallait leur laisser un espoir de sortir. Certes, mais pourquoi dans ce cas faire de la remise de peine le principe et de la détention l'exception ? Cela n'a aucun sens.

En pratique, il s'agit surtout pour le gouvernement de vider les prisons plutôt que d'en construire de nouvelles. Car relancer le programme de construction stoppé par Sarkozy, ce serait coûteux à court terme mais efficace seulement à moyen terme. Or, dans un jeu politique où seule compte la prochaine réélection et l'image médiatique, nos gouvernants préfèrent l'esbroufe à une action sérieuse et exigeante.

Ah, qu'il est loin décidément le temps du Général, des grands programmes nationaux et du service de l'intérêt général et de la patrie...

Tout l’été nous avons ainsi assisté à une gesticulation présidentielle sur la sécurité, mais rien de concret et d’efficace pour rétablir la crédibilité de la chaîne pénale. Rien de concret pour le citoyen. Tout pour les apparences.

A noter que le président a été bien aidé dans son entreprise de communication par les cris d'orfraie des belles âmes socialisantes qui l'ont fait passer pour le "méchant sécuritaire" qu'il n'est pas.

Mon amendement de suppression des remises de peine automatique de 2 mois par année d'incarcération a ainsi été rejeté par le gouvernement avec le soutien du PS.

A nouveau, je déposerai donc très prochainement une proposition de loi pour supprimer ces remises de peine automatiques qui aboutissent en France à ce qu’un condamné n’effectue au mieux que la moitié de sa condamnation.