Si les chiffres donnent le vertige, ils nous donnent également la certitude que la lutte contre la fraude fiscale doit être menée si l’on veut sortir de la crise de la dette. A titre d’exemple, il faut se rendre compte qu’une taxation à 30% de l’ensemble des avoirs aujourd’hui dissimulés dans les paradis fiscaux pourrait rapporter jusqu’à 66 milliards d’euros à la France !

Alors oui, il faut lutter contre la fraude fiscale, mais pour cela, il faudra avoir le courage d’affronter un système tout entier : celui des banques et de la finance internationale.

Dans son ouvrage, Antoine Peillon dévoile les pratiques scandaleuses de la banque suisse UBS qui engage à la fraude fiscale en France. Cette banque dépêche plus de 120 chargés d’affaire dans l’Hexagone en leur fixant pour objectif de séduire les plus grands fortunes françaises en leur vendant une fraude fiscale « clef en mains ». Avec ces pratiques de voyous, UBS parvient à soustraire au FISC français plus de 85 millions d’euros par an, allant faire fructifier cette somme sur les marchés financiers pour accroître encore son profit.

La cause du problème est donc clairement identifiée, c’est la volonté du toujours-plus de profits des banques, et quelles que soient les règles. Mais cela n’est pas une exclusivité suisse. Nos banques françaises ne sont pas plus soucieuses de l’intérêt général et participent de ce mouvement général, sinon comment expliquer l’existence de 361 entités off-shore rattachées à BNP-Paribas, le Crédit Agricole ou la Société Générale ?

L’Etat doit imposer sa loi à ces établissements. Or, jusqu’à aujourd’hui, l’impuissance publique est de mise. Selon Antoine Peillon, la DCRI a masqué l’évasion fiscale et a favorisé l’impunité de ceux qui s’étaient affranchis des lois de la République. Il est temps de mettre fin à ce monde sans foi ni lois des élites financières qui mettent à mal les finances publiques des Etats en organisant la fraude fiscale et la spéculation.

Candidat à l’élection présidentielle, je propose trois mesures phares pour véritablement changer les choses.

D’abord, il faut séparer les banques de détails des banques d’investissement pour que l’épargne des français ne soit plus jouée par les traders sur les marchés financiers et servent à financer l’économie réelle, c’est-à-dire les PME et les ménages.

Ensuite, il faut créer un grand pôle bancaire public autour de la Banque postale, afin de réintroduire une véritable concurrence dans un secteur qui est aujourd’hui un véritable oligopole privé au détriment des clients.

Surtout, il est urgent de sortir la France de l’euro monnaie unique afin de rendre à notre pays sa capacité d’emprunter à 0% auprès de la Banque de France, nous libérant ainsi de la tutelle des marchés financiers qui imposent des taux d’intérêts exorbitants.

Si je n’ai pas prêté attention aux aspects les plus polémiques de l’ouvrage d’Antoine Peillon, je dois dire que le constat qu’il dresse m’a révolté.

Surtout, il m’a renforcé dans ma détermination à vouloir me battre lors de cette élection présidentielle, me battre pour faire gagner nos idées pour qu’enfin, les lois de la République retrouvent force d’application, soumettant les élites protégées à leur légitimité suprême.