Comme je l'ai indiqué ce matin chez Jean-Jacques Bourdin (http://www.debout-la-france.fr/actualite/nda-bourdin-direct-il-faut-supprimer-la-cour-de-justice-de-la-republique-machin-hybride-et), la France et l'Europe doivent se ressaisir pour vaincre l'hydre djihadiste.

Nous payons hélas une fois encore le prix de l'inconséquence et des petites lâchetés européennes, qui facilitent tant l'entreprise de mort et de désolation de nos ennemis.

Je n'ai cessé de le répéter avec constance et détermination depuis près de deux ans – déjà ! Face à cet ennemi mortel, on ne peut pas, on n'a pas le droit de faire la guerre à moitié.

Nos gouvernants européens, dans les capitales nationales comme à Bruxelles, se refusent tragiquement au nécessaire sursaut que dictent les circonstances. A cet égard, sans vouloir polémiquer en ces heures de deuil et de retenue, on ne peut s'empêcher de penser qu'Angela Merkel doit amèrement regretter les errements de sa politique migratoire passée...

Des efforts ont certes été faits dans les domaines de la coopération policière et du renseignement. C'est bien entendu indispensable. Mais comment contrecarrer les assassins sans accroître les contrôles aux frontières, nationales et européennes ? Alors que l'UE tarde une fois de plus à faire le boulot en sécurisant ses limites extérieures, nos Etats-nations, en particulier la France, n'osent pas boucler leurs propres frontières, ce qui est pourtant un préalable à tout le reste. Et qu'on ne cherche pas à me faire dire ce que je ne dis pas : s'il n'existe pas bien sûr de frontières étanches - sauf peut-être en Corée du Nord -, nous avons en France une grande marge d'amélioration dans le contrôle des nôtres.

Car, contrairement aux dénégations des bonnes âmes, ce que tout le monde savait déjà est désormais avéré : les infiltrations terroristes parmi les migrants sont une réalité. Les confessions récentes de l'assaillant du Thalys, entré illégalement en Europe avec Abaoud, le confirment à nouveau amplement.

Il faut ensuite aller plus loin en luttant efficacement contre les passeurs et les réseaux d'immigration clandestine. C'est une nécessité absolue alors que la Turquie menace de remettre en cause l'accord avec l'Europe par lequel le flux des migrants a été fortement entravé ces derniers mois. A l'heure aussi, où la victoire contre les islamistes en Syrie et en Irak va fatalement renvoyer vers leur Europe natale de nombreux combattants de Daech et d'Al-Qaïda.

Alors que chacun s'apprête à vivre la trêve de Noël et du Nouvel an, ce moment de respiration annuelle en famille ou avec des proches, il peut paraître incongru de rappeler cette dure réalité : plus que jamais, notre pays est exposé à un danger maximal qui oblige à renforcer les mesures de prévention et de lutte active contre les terroristes.

Pourtant, plus que jamais, notre pays continue de donner dans le désarmement unilatéral en refusant les mesures de bon sens que je réclame depuis des mois pour vraiment protéger les Français : la rétention administrative systématique des fichés S dangereux et les plus suspects ainsi que celle de tous ceux qui rentrent de Syrie et d'Irak, la déchéance de nationalité des binationaux convaincus de complicité avec l'islamisme violent, la fermeture immédiate des mosquées salafistes, le rétablissement de la double peine pour les délinquants étrangers, etc.

En n'oubliant pas l'indispensable réorientation de notre politique étrangère : la Russie, qui paie cher son engagement, n'en a pas moins raison de mettre ses forces dans la balance pour vaincre l'islamisme radical en Syrie. Pour empêcher, aussi, les forces du chaos, ultra-majoritaire dans les rangs de la rébellion, de faire une nouvelle Libye de cette mosaïque de minorités ethniques et religieuses, à la charnière du Liban, d'Israël, de la Turquie, de l'Irak, etc. L'unanimité qui s'est dégagée hier au Conseil de sécurité de l'ONU est à cet égard un signe positif, qui fait naître l'espoir que la communauté internationale va enfin se ressaisir en s'unissant au service de la paix et de la stabilité.

Rétablissement de contrôles aux frontières plus efficaces, lutte énergique contre les terroristes et les islamistes radicaux, renforcement de la Justice, de nos services de police, de gendarmerie et des douanes, mise en œuvre d'une politique étrangère enfin à la hauteur : tels sont les axes, vous le savez, que je porterai auprès des Français dans le cadre de la grande explication de 2017 !