Le parti socialiste disparaît progressivement, une partie de ses électeurs ayant rejoint Jean-Luc Mélenchon, une autre partie Emmanuel Macron. Il est d’ailleurs intéressant de constater qu’au-delà des grands discours d'Emmanuel Macron sur une rénovation politique chaque jour plus théorique que réelle, beaucoup des candidats LRM ne sont que des apparatchiks du PS, affublés du faux-nez de la majorité présidentielle pour mieux tromper les électeurs.

Dans ma circonscription par exemple, j’affronte un candidat « En Marche » qui a été membre des cabinets de M. Valls, le Guen et Berson, tous trois hiérarques socialistes. Élu conseiller municipal de la ville de Crosne, il n’a assisté en trois ans qu’à 5 conseils municipaux sur... 21 ! Il n’a d’ailleurs jamais participé à la moindre commission. Bel exemple de l'absentéisme en marche ! Bref, une caricature de vieilles sauces dans un plat tout neuf !

Côté Républicains la désintégration est plus lente mais la faille n’en est pas moins béante. Ce que j’avais prévu en 2002 - j'invite tout un chacun à relire mes déclarations de campagne face à Alain Juppé pour la présidence de l’UMP -, arrive avec 15 ans de retard : il est impossible de marier la carpe et le lapin !

Les centristes européistes libéraux libertaires rejoignent Emmanuel Macron et les conservateurs et ce qui reste de gaullistes ne savent plus où ils habitent. Il n’est pas étonnant de voir Edouard Philippe, fidèle d’Alain Juppé, devenir Premier Ministre, ni Bruno Le Maire ministre des Finances.

De son côté, François Baroin a la tête qui tourne à force de dire tout et le contraire de tout, certes avec le talent qu’on lui connait. Le matin en visite de soutien à un candidat « Les Républicains », il affirme qu’il est dans l’opposition et qu’il faut refuser le parti unique. Le soir, il annonce un désistement automatique des candidats LR en faveur des socialistes d’EM en cas de 2nd tour face au FN. En vérité, François Baroin, en abandonnant la théorie du « ni ni », trahit toutes les valeurs de la droite et se place de facto dans l’éventuelle future majorité du Président, une majorité de "3e force" comme on disait sous la IVe République pour désigner l'assemblage de centristes coalisés contre le RPF du général de Gaulle.

Comme l’a si bien dit Henri Guaino, lorsqu’on vote pour un candidat LR on ne sait pas si on envoie un député dans la majorité ou dans l’opposition.

Comment les Français pourraient-ils s’y retrouver dans une telle mélasse politicienne ? ! C’est bel et bien le retour « des délices et des poisons » de la IVe République, mais avec les institutions de la Ve cette fois.

Soyons concrets. Un électeur peut voter LR en s'imaginant combattre la hausse de la CSG, mais élire au bout du compte un député qui, une fois à l’Assemblée nationale, votera la hausse de 25% de la CSG prévue par M. Macron. Certains croiront que je caricature, il n’en est rien.

Bruno Le Maire a fait toute sa campagne de la primaire en promettant la baisse de la CSG et en estimant qu’Emmanuel Macron était un candidat « creux ». Mais maintenant il est le ministre de l’Economie qui va prélever 20 milliards d’euros sur nos retraités et leur faire payer, pour une retraite mensuelle de 1800 euros, 500 euros supplémentaires par an au titre de la CSG !

C’est une honte absolue, un détournement de la démocratie qui aboutit de fait à la grande coalition gauche libérale - droite libérale dont rêvent Bruxelles et Mme Merkel pour normaliser la France et la soumettre à leur « soft dictature ».

Il faut lire les recommandations publiées le 22 mai par la Commission de Bruxelles pour comprendre ce qui attend la France et les Français.

Les services de la Commission demandent au gouvernement français : 1- de réaliser un effort fiscal substantiel dès 2018. 2- d’adapter les salaires minimaux à la compétitivité. 3- de faciliter l’accès au marché du travail, notamment pour les migrants.

Les candidats d’En Marche ou les candidats Les Républicains dont un certain nombre n’auront pas d’adversaire macroniste appliqueront sans sourciller cette feuille de route.

C’est une tragédie pour notre pays : augmentation de la fiscalité, baisse des salaires et accueil de migrants supplémentaires, appauvriront les Français, casseront un peu plus la croissance et nourriront le chômage de masse comme la misère.

Mais bien évidemment, il ne faut rien dire : la brosse à reluire le dispute à l'omerta. D'un côté, c'est la célébration d'un Président jeune qui reçoit les grands de ce monde et va bientôt marcher sur l'eau ! De l'autre, on fait face à une certaine presse prête à la pire propagande pour faire élire son chouchou, lui offrir à n'importe quel prix une majorité au Parlement. Ils endorment les Français et détournent leur attention pour surtout qu’on ne parle pas du fond des choses.

Face à cette grande coalition de la servitude organisée, les forces d’opposition font tout ce qu’elles peuvent pour proposer un autre destin à nos compatriotes.

Le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon se bat de son côté, avec malheureusement des excès de langage qui l’affaiblissent. Le FN paie cher le débat de l’entre-deux-tours et Debout la France est la cible de toutes les attaques, toutes les calomnies, car on veut me faire payer d'avoir brisé un tabou en m'engageant dans le 2nd tour tout en restant profondément indépendant.

Je persiste et signe. Jamais l’offre politique, patriotique, humaniste et de bon sens de Debout la France, n’a été aussi nécessaire.

Tous les jours nous recevons, malgré le déluge des critiques médiatiques, des dizaines d’adhésions venant d’électeurs républicains écœurés comme de sympathisants du FN lassés. Sur le terrain, je suis ému des témoignages de soutien.

Debout la France est au parfait centre de gravité, comme la quille d’un bateau équilibre le mât, de la recomposition de la vie politique. A ceux qui doutent non pas de la pertinence de nos convictions, mais de notre capacité à convaincre les Français face à la vague de propagande qui n'a finalement pas grand-chose à envier à celle des démocratures, je veux rappeler les précédents historiques qui démontrent que la vérité finit toujours par triompher des manipulations. Comme le rappelait le général de Gaulle lui-même, on ne bâtit jamais rien de solide sur le mensonge.

Conservons notre beau projet, Faisons vivre notre droiture au quotidien, Ne cédons pas aux sirènes des ambitions éphémères, Et expliquons sans relâche aux Français l’autre politique qu’il nous faudra mettre en œuvre, une fois le mirage Macron dissipé.

L'avenir donnera raison aux patriotes et aux humanistes : à nous, combattants de Debout la France, d'en rester dignes !