Son légitime souci de rétablir les faits masque parfois, hélas, une inventivité rhétorique et un sens de l'acrobatie logique au service de ce qu'il faut bien appeler la langue de bois.

Jean-Christophe Lagarde en faisait encore la semaine dernière les frais sur l'antenne de France Info. Le président de l'UDI a été pris la main dans le redoutable pot de confiture de bobards pour avoir rappelé que sur les quelque 200 000 immigrés entrant légalement chaque année dans notre pays, environ la moitié le font au titre du regroupement familial. « FAUX ! » a estimé, lapidaire et catégorique, notre chroniqueur. En effet, explique-t-il, seuls 10 000 d'entre eux sont concernés par ce dispositif s'appliquant aux seuls immigrés de nationalité étrangère et à leur famille... Avant de préciser que 80 000 autres sont les conjoints et enfants étrangers de ressortissants français !

Récapitulons : près de 100 000 étrangers supplémentaires par an en France pour un motif effectivement familial, comme l'affirme Jean-Christophe Lagarde, mais une mise à l'index globale du propos pour cause d'impropriété terminologique. Ce qui s'appelle un rectificatif pour le moins disproportionné qui, en s'attaquant à des aspects secondaires, vise (et parvient si on n'y prend garde) à discréditer injustement l'essentiel, à savoir une vérité qui n'est manifestement pas bonne à dire.

C'est encore cet art de la finasserie antidémocratique qui est à l’œuvre, lorsque les Décodeurs du Monde récusent tout lien entre les femmes musulmanes appelées à témoigner par le New York Times sur la polémique du burkini et les participants aux « camp d'été décolonial » organisé à Reims - un événement ouvertement raciste puisque interdit de facto aux Blancs. Or, s'il ne semble pas y avoir de lien formel entre les deux publics, les Décodeurs se gardent bien de préciser que nombre de femmes interrogées par le NYT, loin d'être des témoins spontanées, appartiennent en fait aux réseaux du sulfureux Collectif Contre l'Islamophobie en France - dont la connivence idéologique, voire davantage, avec le « camp décolonial » paraît suffisamment flagrante pour être questionnée. Au total, là aussi, les fact-checkeurs finassent, au risque de désinformer dans leur souci de ne pas laisser sans réponse une information incomplète ou mal formulée. Un deux poids deux mesures qui, au bilan, ne sert pas la vérité.

Dernier exemple, qui concerne votre serviteur. La chronique de France-Info déjà citée m'a repris il y a quelque temps sur l'invocation du crime d'intelligence avec l'ennemi (passible de 30 ans de prison) contre les terroristes de retour de Syrie. Les magistrats considèrent cet article du code pénal peu performant et fragile dans sa caractérisation, a-t-il été expliqué. C'est pourquoi le pouvoir judiciaire préfère utiliser le crime d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, dont les peines sont bien trop légères.

Merci à France-Info de constater ce que, précisément, je dénonce et conteste ! Que les magistrats cessent donc de finasser face aux félons et aux assassins (effectifs ou en puissance), qui ne méritent aucunement, dès lors qu'il s'agit de la sécurité de nos compatriotes, d'être protégés par nos libertés individuelles et démocratiques – libertés qu'ils prétendent de toute façon détruire. Et que les médias, par leurs dérapages de bien-pensance, cessent de couvrir ce gouvernement des juges, auréolé de l'onction de la Cour européenne des Droits de l'Homme, plus soucieux des droits des barbares que de la vie de nos concitoyens.