Il m’a confié sa détresse et sa colère. A 51 ans, après avoir envoyé des centaines de CV, on est trop vieux pour servir à quelque chose. Combien de portes fermées, combien de regards apitoyés, alors même qu’à la télévision, me disait-il, on fait croire que les chômeurs ne veulent pas travailler !

Ce citoyen en colère avait très bien compris la situation et je ne pouvais m’empêcher de penser à la décision européenne catastrophique de libéralisation totale des transports routiers de marchandises. Car, désormais, les camions roumains et bulgares ont le droit d’opérer en France pour du cabotage local.

La conséquence est fatale, reconnue de tous, même de la Fédération Nationale. Chaque année, ce sont quelque 2000 emplois qui disparaissent dans ce secteur et aujourd’hui 40% des camions qui roulent en France sont étrangers.

Comment s’en étonner puisque le SMIC roumain est inférieur à 300 euros et que les normes sociales et fiscales de ce pays n’ont rien à voir avec celles qui pèsent sur nos entreprises !

Et voilà comment la soumission des autorités françaises de gauche comme de droite à cette fameuse Europe du moins-disant social et fiscal nourrit la misère dans notre pays.

A-t-on calculé le coût humain de ce chômage de masse, la perte de dignité de ces chômeuses et de ces chômeurs, le coût financier social, la perte de recettes fiscales pour l’Etat et la Sécurité Sociale ? Mais nos autorités politiques, nos grands esprits parisiens ne veulent pas voir le désastre.

Le nouveau gouvernement parle de croissance toute la journée mais ne veut pas traiter les causes de la récession : le libre échange déloyal, l’euro trop cher, le poids des charges sociales sur les PME.

C’est pourquoi, encore une fois, si l’on veut vraiment redresser le pays, il faut reprendre le pouvoir sur ces autorités illégitimes qui nous gouvernent à la place de nos élus.

Au cours de ces rencontres quotidiennes, je vois à quel point les faits me donnent malheureusement raison, à quel point le pays est embourbé dans le cercle vicieux de la dépendance extérieure, du déclin économique et de la misère sociale.

Ce n’est pas en créant une nouvelle dette, sous la forme d' « euro-bonds » ou mise sous respiration artificielle par la Banque centrale européenne des pays malades de la zone euro, ou en matraquant fiscalement, comme semble le souhaiter Mme Aubry, les Français, que nous nous en sortirons, mais en défendant enfin les intérêts de notre pays. Le temps presse.

C’est ce que je dirai au Président de la République lors de notre rendez-vous de lundi prochain, au sujet de la préparation du G20, pour lequel il reçoit les chefs des partis politiques représentés au Parlement.