Or, le spectacle télévisuel organisé hier par Nicolas Sarkozy avec la complicité de Mme Merkel a un peu plus mis à mal cette règle non écrite fondatrice. Mme Merkel a clairement pris parti pour Nicolas Sarkozy. Cette ingérence sans précédent du chef du gouvernement allemand dans les affaires intérieures françaises est inadmissible et va d’ailleurs davantage nuire au Président candidat, perçu désormais comme le « candidat de l’Allemagne », que lui rapporter.

Cela veut dire très clairement que non contente de dominer les institutions européennes, Mme Merkel considère la France comme une terre vassale. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois puisqu’après le référendum de 2005, l’Allemagne avait tout organisé avec ses « amis» de l’UMP et du PS pour faire adopter, contre la volonté populaire, le traité de Lisbonne.

Mais pourquoi Mme Merkel se gênerait-elle puisqu’elle a sous la main un chef d’Etat français en perdition qui, après avoir mené une politique économique brouillonne et dispendieuse, tout en se montrant incapable de taper du poing sur la table sur l’euro, se retrouve impuissant.

Comme souvent dans l’histoire de France, les dirigeants égarés, incapables de défendre et de mobiliser le peuple, finissent à genoux devant l’étranger. Le président de la République française est même allé jusqu’à critiquer son propre pays devant des millions de téléspectateurs allemands, le monde à l’envers !

Cette émission n’avait d’ailleurs qu’un objectif : tenter de décrédibiliser ses adversaires. Mais la ficelle était un peu grosse et je doute que les Français tombent dans un piège aussi béant.

Enfin cette interview était profondément malsaine car Mme Merkel a carrément signifié au peuple français qu’il n’aurait pas le droit de refuser le traité européen en préparation. Comme si l’élection présidentielle était devenue une élection locale dont les citoyens n’ont pas prise sur l’essentiel, en l’occurrence une politique économique décidée à Berlin et Bruxelles.

Et, au lendemain de ce spectacle lamentable, les chiffres tombent. Le déficit extérieur français atteint 69 milliards d’euros, la récession en Grèce s’aggrave, plongeant la jeunesse dans le désespoir et les marchés financiers dans une nouvelle et lancinante phase d’incertitude…

N’en déplaise à Angela Merkel, ce sera pourtant le peuple français qui aura le dernier mot et il faudra bien aux dirigeants allemands faire avec le nouvel hôte de l’Elysée, quel qu’il soit. L’un des premiers principes de toute diplomatie est le respect de ses interlocuteurs, c'est-à-dire des pays eux-mêmes, la « Chancelière de Fer » serait bien inspirée de ne pas l’oublier.

La soumission au plus fort et l’appel aux dirigeants étrangers faute de soutien dans le peuple, voilà le visage piteux de la France sarkozyste, de cette France affaiblie et diminuée par une politique économique et sociale calamiteuse. Le redressement du pays que je souhaite atteindre par la sortie de l’euro et la fin du libre-échange déloyal, ne permettra pas seulement plus de bien-être pour les Français, il garantira également le retour de la France sur la scène européenne et internationale.

Cette France respectée parce que se respectant de nouveau elle-même, sera alors à même de rétablir la relation d’amitié et de confiance avec sa voisine allemande : une relation fondée sur l’égalité des deux membres du « couple », le respect mutuel et la retenue vis-à-vis du partenaire privilégié. L’amitié, la vraie, n’est effet pas la soumission et, soyons en tous convaincus, la France soumise ne rend jamais service à personne : pas plus à elle-même, à ses voisins qu’à la communauté des nations tout entière !