Désormais, la Cour européenne des droits de l’homme devrait plutôt se nommer la Cour européenne de l’esclavage. Car derrière cette décision il y a tout simplement la porte ouverte à la marchandisation de l’enfant et à la transformation des femmes en « usines à ventre ». C’est une atteinte intolérable à la dignité de l’être humain.

C’était jusqu’à maintenant l’honneur de la France de refuser que l’on puisse aller en Inde ou ailleurs, louer le ventre d’une femme pour se faire fabriquer par autrui un enfant.

Il faut avoir vu les reportages sur ces femmes misérables qui, pour survivre, se vendent à des occidentaux qui croient pouvoir acheter la vie avec leur argent.

Mais c’est aussi scandaleux pour ces enfants qui, tout au long de leur vie, vont obligatoirement être déstabilisés, s’interrogeant sur leur identité et recherchant leur « mère éphémère ».

Comment une Cour qui prétend défendre les droits de l’homme peut-elle à ce point bafouer les droits des femmes et les droits de l’enfant ?

Mais cette décision est aussi gravissime sur le plan institutionnel car des juges qui ne sont pas élus tranchent, à la place des représentants du peuple français, une question essentielle. On nous dit que la France ne sera pas pour autant obligée de légaliser la GPA. Comble de l'hypocrisie qui consiste à vider la loi de sa substance, à tout le moins de la contourner...

Et comment ignorer que ce jeu de domino pervers va conduire, au nom du principe d'égalité, à rendre toujours plus licites les conséquences de cette pratique, sinon cette pratique elle-même ? Une fois de plus, on s'ingénie à faire entrer par la fenêtre ce que la loi avait fait sortir par la porte, le tout en invoquant l'impuissance publique ou, pire encore, la fatale « adaptation » aux inévitables – voire souhaitables - évolutions de la société.

La réaction du gouvernement français est lamentable. Au lieu de déclarer nul et non avenu ce coup d’état judiciaire, il s’incline, trop content ainsi d’ouvrir la porte en France à la GPA (gestation pour autrui) sans en avoir l’air.

Désormais tous les couples – ceux qui en ont les moyens s'entend - pourront aller choisir un enfant sur catalogue à l’étranger (mais dans quelles conditions et avec quelles garanties de respect de la mère et de l'enfant ?!) et reviendront tranquillement dans notre pays.

Nous devons tous nous mobiliser contre cette indignité qui nous condamne à une société de l’argent roi l'emportant sur toutes nos valeurs.