Tout d’abord le principe de réalité économique.

Jamais dans l’histoire un plan d’austérité plaqué sur un pays avec une monnaie surévaluée par rapport à sa compétitivité n’a pu fonctionner. L’Allemagne après la Première Guerre mondiale, la France de Laval de 1935 et tout récemment la Grèce depuis 5 ans. Pourquoi ce qui a échoué deux fois dans ce pays marcherait soudain à la troisième ? On peut déverser autant de milliards que l’on veut, il ne s’agit que de reculer pour mieux sauter.

Alexis Tsipras l’a d’ailleurs reconnu implicitement devant les micros en osant affirmer que ces mesures vont « renforcer la récession » mais qu’il espère que les nouveaux financements permettront malgré tout de relancer la croissance. Voilà un raisonnement qui s’apparente à de la sorcellerie.

Les dirigeants européens en vérité n’ont fait que maintenir une perfusion coûteuse tout en aggravant encore un peu plus les souffrances du peuple grec. C’est la double peine économique : la croissance cassée en Grèce par le surplus d’impôts et une facture de plus pour le contribuable européen.

La seule solution viable était et demeure bien sûr une sortie en douceur de la Grèce de la zone euro, lui permettant de dévaluer sa monnaie pour retrouver des forces.

Ce scénario, pourtant recommandé aussi par Valéry Giscard d’Estaing (par exemple dans son interview remarquable dans l’Express), était la hantise des chefs d’Etat qui avaient peur d’un effet domino.

Mais les Allemands veulent à tout prix conserver l’euro qui empêche les dévaluations compétitives de leurs concurrents et assied leur domination économique sur le continent. Les Français quant à eux croient – ou veulent croire - que l’euro c’est l’Europe et ils ne veulent pas voir les dégâts en termes de croissance et de chômage.

Cet accord est aussi un déni de réalité démocratique. L’Union européenne est apparue ce matin avec son vrai visage : celui d’une organisation autoritaire pilotée par l’Allemagne.

Les Grecs ont élu un nouveau gouvernement puis ils ont voté par référendum et les dirigeants européens sous emprise allemande ont nié ces votes populaires voulant même punir ce pays qui avait osé, quelle impudence, choisir une autre direction !

Tsipras a eu profondément tort de s’incliner au milieu du gué car il avait la légitimité de son peuple. En renonçant, il fait la démonstration que voter ne sert plus à rien et qu'un 4ème Reich, de nature économique et monétaire, a kidnappé et défiguré la belle idée européenne.

C’est un très triste jour pour l’Europe qui laissera des traces très profondes.

Comment le peuple grec va-t-il réagir ? Aura-t-il la force et l’énergie de bifurquer avant qu’il ne soit trop tard ?

Les autres peuples continueront-ils longtemps à subir et à accepter une bureaucratie financière autoritaire au service d’une Allemagne vieillissante et aveugle ?

En tous cas, il ne fait plus de doute que la France ne peut plus être complice de ce monstre qu’est devenu l’Union européenne.

Plus que jamais, Debout la France doit penser, préparer et organiser la libération de notre pays. Désormais, le vrai choix en France n’est plus entre la droite et la gauche mais entre la soumission à l’Union européenne et la reconstruction d’une Europe des Nations libres, des démocraties et des projets.

Il en va de notre prospérité et de notre liberté. Car, malgré les apparences et de petits arrangements communautaires trompeurs, l’une ne va jamais sans l’autre…