Dans les deux cas, le nombrilisme l’emporte sur le sens de la responsabilité collective, l’excès sur le bon sens et la raison. Face à ces polémiques, les partis politiques soufflent sur les braises de ces mauvaises querelles pour faire oublier leurs petitesses et leurs mensonges sur l’essentiel. Au risque bien sûr de diviser pour rien les Français.

Le PS instrumentalise ainsi le mariage gay pour compenser sa faillite économique. Le gouvernement aurait pu rassembler nos concitoyens autour de l’union civile en mairie et du statut de beau parent. Il a préféré céder aux extrémistes qui réclament un « droit à l’enfant », abaissant celui-ci au rang de simple objet.

Car l’adoption et son prolongement logique, la PMA, en attendant demain la gestation pour autrui (GPA), constituent une rupture sans précédent, érigeant en modèle de filiation des formes d’organisation familiale où l’enfant est délibérément privé de son père ou de sa mère biologique, voire des deux ! Quiconque a été privé de l’un ou de l’autre dans sa vie, peut comprendre qu’il est inacceptable d’autoriser par la loi - c’est à dire de fait d’encourager - une absence qui est pour beaucoup d’enfants une souffrance. Combien « d’enfants nés sous X » font déjà part de leur souffrance de l’abandon et du vide de leurs origines ?

A ceux qui me répondront « égalité des droits entre homosexuels et hétérosexuels », je réponds égalité des droits des enfants. La prétendue inégalité des adultes doit s’incliner devant l’égalité des enfants.

Voilà pourquoi autant j’accepte volontiers de solenniser en mairie de l’amour de deux êtres adultes, autant je combats la dérive mercantile du droit à l’enfant.

La provocation de Gérard Depardieu participe aussi de cette division nombriliste de la société française. Et cette fois-ci, c’est me semble-t-il l’UMP qui a tort de ne pas condamner avec force l’attitude anti-patriotique de l’acteur.

« Que notre pays ait tort ou raison, c’est mon pays ! » disent les Américains. Ils ont raison.

Bien sûr l’Etat taxe parfois trop, bien sûr il y a des gaspillages, mais ce n’est pas en désertant que l’on participe au redressement national. Surtout quand on a profité avec joie de l’argent des Français qui payent cher leur place de cinéma et contribuent par leur impôt au soutien du cinéma français. Gérard Depardieu, une fois la colère passée, en conviendra sans doute : Cyrano méritait mieux que cela !

Dans cette période de pauvreté croissante, d’égoïsme des nantis et d’irresponsabilité des classes dirigeantes françaises, leur arrogance confine à l’insupportable. Gérard Depardieu ne comprend pas la force de réactions qu’il estime injustes. En vérité, c’est parce que les Français l’aiment et le croyaient l’un des leurs qu’ils sont si déçus. L’adage est connu : « qui aime bien,… »

Chacun doit faire un pas. Les riches doivent être solidaires de leur nation. L’Etat doit savoir se réformer pour gaspiller et prélever moins. Tous enfin, et même s’il revient aux élites de montrer plus que les autres l’exemple, doivent refuser la fuite en avant identitaire dans le nombrilisme, ce contraire absolu de l’action collective sans laquelle il n’y a pas de réelle concorde possible ni de Progrès.