Là aussi, Hollande a été clair. Il est prêt à sacrifier les acquis sociaux, les services publics, tout ce qui fonde l’exception française sur l’autel de la « normalisation » européenne. Qu’importe donc l’impasse économique de l’Euro et l'absurdité des mesures qu'il propose. A cet égard, on voit mal comment il pourra économiser 50 milliards de dépenses publiques pour baisser les charges des entreprises dans un contexte de croissance nulle, liée à une monnaie surévaluée. En 2016, soit nous aurons imité la Grèce, soit le déficit aura explosé à nouveau.

Hier, la vision de la société française de François Hollande était aussi claire.

Après le mariage pour tous, se prépare la loi sur l’euthanasie et la réforme pénale laxiste. Il faut bien compenser la pire régression sociale depuis la seconde guerre mondiale par des symboles de modernité, sorte d’os à ronger lancés à l’esprit du temps. Nous avons bien à faire à un social libéral, post soixantuitard !

L’ individualisme forcené au service des puissances d’argent dissimulé par les bons sentiments compassionnels !

François Hollande sait donc très bien où il va, même s’il y va en tâtonnant en raison de sa personnalité même, comme de son analyse assez fine des rapports de force.

Car il est évident que le peuple français n’aime pas cette France qu’il veut nous dessiner. François Hollande veut donc l’amener en douceur à accepter l’inacceptable. C’est la vieille méthode européenne du saucissonnage. A chaque nouvelle tranche, on ne se rend pas compte de l’avancée du projet…, et de la disparition prochaine du saucisson !

C’est pourquoi l’oligarchie d’aujourd’hui, que représente très bien François Hollande, fait preuve d’une certaine habilité tactique. D’un côté, la culpabilisation du peuple qui serait « rétrograde », « paresseux », « dépassé ». De l’autre, la désignation d’un bouc émissaire fasciste comme l’a démontré la surréaliste affaire Dieudonné.

Le vrai fascisme n’est pas là où l’on croit. Je déteste le racisme, et l’antisémitisme, mais qui peut croire que Dieudonné va faire un coup d’Etat demain matin ! Arrêtons de lui faire tant de publicité !

En revanche, un « fascisme soft pernicieux » se déploie dans notre société. La disparition progressive de notre démocratie c'est-à-dire la liberté de choix du peuple français.

Hier, lors de sa conférence de presse, François Hollande a procédé sur la question européenne par intimidation. Pour résumer, soit vous acceptez la soumission au modèle unique technocratique, soit vous voulez renouer avec la tragédie de la guerre de 14 ou les massacres d’Oradour sur Glane. La méthode est indigne car les peuples européens peuvent travailler ensemble tout en refusant cette construction inhumaine.

François Hollande ne serait-il pas en définitive le symbole de la Finance qu’il décrivait dans son discours du Bourget ? Il parlait d’un « adversaire : la finance, sans visage, sans parti, qui n’est pas élu et qui pourtant gouverne ».

Il en est aujourd’hui, par l’ironie du sort, le représentant.

L’enjeu est là : prendre conscience du danger. Refuser ces visages d’une France défaite. Préparer une alternative claire pour redresser le pays et redonner une fierté à notre peuple.