De nouveau, tout est bon dans leur bouche pour justifier l’injustifiable, pour faire passer des vessies pour des lanternes, bref pour tenter de sauver la mise à l’utopie dangereuse de la disparition des frontières. A les en croire, les frontières sont soi-disant inefficaces pour entraver les mouvements migratoires, empêcher l’afflux de travailleurs clandestins ou encore, aujourd'hui, compliquer les allers et venues des djihadistes de Daech. « Les lois et les institutions sont bafouées ? Ne les renforçons surtout pas mais jetons-les au contraire à la poubelle ! » nous disent-ils en chœur…

Enragés de la mouvance « no-border » dont on a pu admirer les prouesses émeutières à Calais la semaine dernière, idéologues jusqu’au-boutistes de l’européisme, ou plus simplement bien-pensants qui enfoncent depuis 25 ans la France dans la crise du haut de leurs places, ces belles âmes sont désormais aux abois. Leur rhétorique absurde sur la nécessité de se débarrasser des frontières est en train de passer de mode sous leurs propres yeux ce qui les affole. « Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir » dit l’adage…

Bien sûr que la France doit dénoncer les accords de Schengen avant qu’il ne soit définitivement trop tard ! Comment ne pas voir la folie de maintenir nos frontières ouvertes à tous les vents alors que le pays, en crise profonde, n’en finit plus de payer l’addition : à Calais, dans les entreprises, désormais à Paris, demain avec l’afflux incontrôlé de migrants syriens en France qui, en vertu de la loi bien connue des vases communicants, finiront par se déverser alentour depuis une Allemagne trop pleine…

Concernant la lutte contre le terrorisme, relevons ainsi deux point majeurs incontestables : tout d'abord, seul le rétablissement des contrôles fixes permettrait d'entraver et de tracer des terroristes qui se jouent des frontières internes à l'Union européenne et brouillent leur piste en passant d'un pays à l'autre avec la plus grande aisance et dans le plus parfait anonymat. La fable des « frontières intelligentes » qu'avancent les partisans du système de Schengen (qui serait soi-disant plus efficace que les frontières nationales en matière de sécurité) est à cet égard clairement démentie par le réel et doit être dénoncée comme telle.

Ensuite, comment ignorer les menaces très précises lancées depuis des mois par Daech - lesquelles ne sont jamais lancées en l’air - à propos de l’arrivée massive de populations syrienne en Europe avec, en leur sein, des combattants infiltrés ? Thibault de Montbrial a à juste titre souligné ces derniers jours cet aspect des plus inquiétants. Nos belles âmes rétorqueront sans doute que cela représentera un nombre limité de djihadistes. Vraiment ? Un malheureux demi-pourcent rapporté à 800 000 personnes n’en reviendrait pas moins à… 4000 individus, un chiffre en réalité considérable. Or, seul le contrôle systématique des migrants permettra de limiter un tant soit peu le risque. Le gouvernement a le devoir de ne pas ignorer cette réalité et il en portera l’écrasante responsabilité s’il ne le fait pas.

Contrairement à ce qu’affirment les caricatures des belles âmes, les frontières ne sont pas des murs ni des miradors d’où on canarderait les candidats à l’entrée sur le territoire. Non, la France n’est pas la Corée du Nord, ne leur en déplaise… Les frontières, combien de temps faudra-t-il encore le leur répéter, sont comme la peau qui protège et filtre les échanges entre le corps et son environnement. Rien de plus, mais c’est déjà beaucoup.

Les élites de notre pays, compromises avec une prétendue « construction » européenne qui a dépossédé la France de ses frontières, n’avancent qu’à reculons, en freinant des quatre fers, vers le logique rétablissement de la plénitude de nos frontières. Ils feront tout ou presque pour y sursoir, à l’image d’un François Hollande qui hier du haut de la tribune du Congrès réaffirmait sa croyance en l’Europe sans frontière ! C’est pourquoi j’ai lancé de mon côté une pétition nationale pour qu’un référendum ait lieu sur la suppression du système de Schengen. Afin qu’à l’avenir, nos gouvernants ne puissent plus refuser de voir…