Lundi 19 juin 2017, les Champs-Elysées ont une nouvelle fois été le théâtre de cette guerre dans laquelle la France est engagée. J’ai appris avec stupéfaction qu’une fois encore, l’auteur de la tentative d’attentat à l’encontre de nos forces de l’ordre était identifié comme fiché S. Pire encore, l’agresseur disposait d’une autorisation de port d’armes à feu. Comment imaginer un seul instant qu’un individu fiché S depuis 2015 puisse bénéficier d’une autorisation de renouvellement de détention d’armes en février 2017 ? Qui plus est dans un contexte d’état d’urgence !

La situation est surréaliste, le constat est sans appel : la France est désarmée dans cette guerre asymétrique qui confronte sa population civile à une lâcheté meurtrière. Des Français, des binationaux mais aussi des étrangers adhèrent et promeuvent l’idéologie de nos ennemis sur notre sol en toute impunité. La France compte en effet près de 12.000 fichés S dont une majorité sont soupçonnés de radicalisation. Sans doute ne prend-t-on pas suffisamment en compte la signification de cette lettre S, qui signale une « atteinte à la sûreté de l’Etat ». L’ampleur de la menace justifie que ces individus ne puissent être laissés en liberté, ou même placés sous une prétendue surveillance qui fait souvent la preuve de son inefficacité. La survie de nos démocraties a parfois été conditionnée à des restrictions de liberté contre ceux qui les menaçaient.

Notre République - bien malade - préfère armer ses citoyens identifiés comme dangereux plutôt que les mettre hors d’état de nuire. C’est pourquoi je demande expressément de mettre fin à la naïveté qui protège davantage les terroristes que nos compatriotes. Depuis plusieurs années, je supplie – entre autres mesures - que soient préventivement enfermés l’ensemble des fichés S radicalisés afin de tout mettre en œuvre pour les déradicaliser. Nous devons neutraliser coûte que coûte le phénomène rampant qui menace aussi bien la vie des Français que la cohésion de notre pays.

La France est en guerre contre le totalitarisme islamique qui tue sur son sol. Il est manifeste que les mesures prises jusqu’alors ne répondent pas à l’ampleur de la menace terroriste. L’illusion des mots ne nous sauvera pas : il faut agir pour ne plus subir.