Encore hier soir dans un grand moment de déni de réalité, alors que les chiffres du mois de novembre sont catastrophiques, Michel Sapin osait, dans sa conférence de presse, affirmer que trimestre par trimestre, je cite : « le rythme de hausse baissait ». Comment un homme censé peut-il à ce point mentir aux Français ou se mentir à lui-même ?

La réalité est là dans la cruauté des chiffres. Le chômage augmente inexorablement depuis l’élection de François Hollande, dans la continuité de la présidence de Nicolas Sarkozy où il avait explosé.

Ce qui est incroyable, c’est que certains aient pu escompter une baisse. Car le pari était perdu d’avance. A-t-on jamais vu une économie créer de l’emploi quand tout est fait pour inciter les entreprises à le détruire, sans parler même des collectivités publiques ? Le gouvernement depuis 18 mois aura en effet systématiquement cassé tous les moteurs de l’emploi, à l’exception des fameux emplois d’avenir - des sous-emplois temporaires sur fonds public, promis à la disparition.

Rappelons ainsi ces décisions : - La politique du logement totalement contreproductive de Mme Duflot qui aboutit à la plus faible mise en construction depuis des années. - La suppression des avantages fiscaux pour les emplois chez les particuliers qui a conduit à la mise au chômage de dizaines de milliers d’employés à domicile souvent modestes. - La réduction des dotations aux collectivités locales qui a aboutit à la réduction de l’investissement de ces dernières lequel, ne l’oublions pas, représente 75% de l’investissement public en France. - La complaisance à l’égard du secteur bancaire français qui a réduit ses concours à l’économie et mis en faillite des milliers de PME en leur supprimant tout simplement leur découvert autorisé. - L’augmentation sans fin des impôts qui a définitivement cassé ce qui pouvait rester de croissance. A ce titre la toute prochaine augmentation de la TVA au 1er janvier est une aberration économique. - Les annonces de réforme fiscale du Premier ministre qui ajoutent, de surcroît, la peur de l’instabilité qui on le sait bien dissuade tout investissement.

Mais toutes ces mesures stupides, contreproductives s’expliquent par l’obsession gouvernementale et présidentielle de respecter le cadre de fer de Bruxelles et de Mme Merkel sur le déficit public.

Ce qui n’a pas marché en Espagne, en Grèce, au Portugal, est pourtant mis en œuvre en France. Certes sur la pointe des pieds jusqu’à présent… Ce qui laisse présager avec effroi ce qu’il adviendra lorsque le gouvernement, après avoir pris quelques coups de règle sur les doigts, passera à la vitesse supérieure ! Mais, d’ores et déjà, comment s’étonner de voir le chômage augmenter, à tout le moins plafonner à un niveau record ?

A cela s’ajoute le respect stupide de la règle de libre circulation des travailleurs détachés : au moins 300 000 salariés low-cost roumains, bulgares, polonais et autres qui ont, comble de l’absurde, un véritable effet de « délocalisation de l’intérieur » !

Il n’y a qu’une solution pour faire baisser le chômage. Celle que mettent en place tous les pays du monde qui ont retrouvé l’emploi : relancer la croissance plutôt que s’attacher à la baisse immédiate des déficits. La réduction de ces déficits vient après, à mesure que l’économie repart.

La France a inversé l’ordre des priorités. Il suffit de regarder la croissance aux Etats-Unis, au Japon, en Angleterre pour comprendre que notre pays fait totalement fausse route. Pourquoi alors nos dirigeants n’ont-ils pas le bon sens de regarder cette réalité en face, me demande-t-on souvent ?

Tout simplement car ils ne maîtrisent plus la monnaie qui permet justement à ces pays-là de relancer la croissance sans augmenter à terme les déficits. Tous les pays qui ont réussi à faire baisser le chômage ont en effet dévalué fortement leur monnaie pour aider leurs entreprises à exporter, à reconquérir des marchés et pour les inciter aussi à investir dans de nouvelles capacités de production sur leur territoire. C’est la mesure préalable à tout redressement.

Enfermé dans le carcan de l’euro cher, prisonnier de l’Allemagne qui n’a pas la même démographie, la même économie, pas plus que les mêmes valeurs que nous, notre pays est condamné à se vider de ses forces industrielles. Combien de temps faudra-t-il attendre, combien de souffrances, d’appauvrissement général allons-nous subir avant de réagir ?

La France a tout pour s’en sortir. En témoigne le projet économique que j’ai défendu lors de l’élection présidentielle que vous trouverez sur le site Internet de DLR, pour se donner les moyens de rebondir.

Mais cela exige de l’audace. L’audace de rompre nos chaînes de pays esclave de ses voisins. Puissions-nous espérer qu’en 2014 la lucidité et l’audace seront au rendez-vous.

Inlassablement je plaiderai pour cette autre politique qui redonnera aux Français le minimum de prospérité indispensable à la cohésion sociale et nationale, aujourd’hui fissurée.