En vérité, Robert Schuman et plus encore son bras droit Jean Monnet étaient partisans de la supranationalité. Mais grâce au général de Gaulle et au chancelier Adenauer, l’Europe demeura une association de nations libres. La CECA dont rêvaient ces vrais démocrates devait se limiter à créer une solidarité technique en liant les industries des six. Face à la menace soviétique, l’Ouest présentait par ailleurs un front soudé. Enfin, ce nouveau cadre facilitait la mise en œuvre de grands projets, à l’instar d’Airbus. En somme, pour eux, l’organisation était moins une union qu’une relation stable entre des gouvernements désireux d’affronter ensemble certains défis de l’après-guerre et des peuples avides de paix.

Pour ma part, j’ai toujours cru en l’Europe des nations. Hélas, les fédéralistes firent dévier la construction européenne de sa trajectoire dès la fin des années 60. De traité en traité, signés sans consulter les peuples ou en ignorant le refus de ceux-ci les rares fois où ils furent consultés, l’oligarchie, hier atlantiste, aujourd’hui mondialiste, s’est emparée du pouvoir à Bruxelles. Soumise aux lobbys, corrompue jusqu’à l’os, non élue et irresponsable, elle impose son agenda idéologique. Industrie, économie, immigration, fiscalité : dans la plupart des domaines, c’est l’Union européenne qui encadre voire décide. Les Français n’en ont pas pleinement conscience ; il est vrai que les eurobéats les manipulent en permanence ; critiquer le fonctionnement de l’Union européenne, ce serait être passéiste, nationaliste, populiste…

Le débat ne se situe pas sur un plan politique mais sur celui d’une morale parfaitement délirante. Aux citoyens européens, les européistes et leurs innombrables relais dans les médias disent la chose suivante : soit vous êtes avec nous, soit vous êtes de dangereux imbéciles. Cette stratégie qui consiste à faire honte aux récalcitrants doit être combattue sans relâche. Si, les Français ont le droit de remettre en cause les décisions de leurs dirigeants et le devoir de se débarrasser des technocrates de Bruxelles. Si, les peuples du continent ont le droit de contester la construction européenne et de lui préférer l’alliance des nations libres d’Europe.

Les peuples se sont enfin réveillés. Partout en Europe, de l’Italie aux Pays-Bas en passant par l’Espagne et la Hongrie, des partis souverainistes arrivent au pouvoir ou dérangent les apôtres de la dépossession. Ce mouvement qui effraie tant les oligarques ne fait que commencer. Il lui faut maintenant envahir Strasbourg afin d’y défier la Commission. Avec ses 23 partis alliés du groupe euroréaliste ECR, Debout la France veut répondre aux crises démocratique, économique et culturelle dont l’Union européenne est responsable.

Pour répondre à la crise démocratique, je propose de remplacer la Commission par un simple secrétariat général, le Parlement par une chambre consultative et de reprendre la main sur l’euro en la reprenant sur la BCE.

Pour répondre à la crise économique, je propose la suppression de la directive sur les travailleurs détachés qui organise la concurrence déloyale, de conditionner l’octroi de subventions à une harmonisation sociale et fiscale et de réduire notre contribution au budget européen à son niveau de 2002, soit 2 milliards contre 11 aujourd’hui.

Pour répondre à la crise culturelle, je propose de revoir l’espace Schengen qui est une vraie passoire, de rendre aux Etats leurs prérogatives en matière d’immigration et de réviser le règlement de Dublin qui dévoie le statut de demandeur d’asile.

Non contente d’être tyrannique, l’Europe telle qu’elle se bâtit aujourd’hui ne nous protège en rien des Etats-Unis et de la Chine. Elle n’est qu’un vaste hall de gare ouvert aux quatre vents de la mondialisation et à toute la misère du monde. C’est une banque et une pompe à migrants ! Pour ma part, je veux tout à la fois en alléger considérablement la structure, en changer les règles et la remuscler face à ses adversaires économiques. Plutôt que des directives, des normes et des leçons de morale, elle doit produire de grands projets dans les domaines de l’intelligence artificielle, du numérique, de la transition écologique, de l’éducation, de la médecine. Libre à chaque pays d’y participer ou non. Mais rien de grand ne sort d’une prison, ce que l’Europe est devenue à force de mépriser les peuples.

L’heure est venue de briser nos chaînes ! Oui, ensemble le 26 mai, faisons renaître l’espoir d’une France prospère et respectée. Donnons à nos enfants les outils pour affronter les grands défis du siècle. Remplaçons l’Europe des profiteurs par celle des nations et des projets concrets.