La longueur de la campagne (plus d’un an), l’accélération dans les dernières semaines, l’intensité des rendez-vous médiatiques avec la pression que cela implique, la violence des attaques… chacun peut comprendre pourquoi je n’ai pas eu le temps d’être suffisamment présent sur ce blog.

Au-delà de cette pression, je veux dire aussi combien cette campagne a été enthousiasmante. Je veux remercier celles et ceux qui m’ont accompagné au cours de ces longs mois. Grâce à leur ardeur, leur travail, leur conviction, nous avons pu collectivement rassembler près de 2 millions de Français autour d’un beau projet patriotique et humaniste.

Il faut mesurer l’exploit qu’a représenté mon score alors même que jamais peut-être l’inégalité de traitement médiatique et la pression du vote utile n’avaient été aussi fortes lors d’un 1er tour.

Avec 10 fois moins d’argent que les principaux candidats et 10 fois moins d’exposition médiatique, j’ai pu faire quasiment jeu égal avec Benoît Hamon du PS.

Bien sûr, je partage la frustration de ne pas avoir dépassé les 5% et le sentiment d’injustice face à la manipulation médiatique qui a construit le 2nd tour. Un second tour que les intérêts financiers, qui se sont emparés du pays, rêvaient. D’un côté, l’homme de paille de Bruxelles, de Berlin et de Washington, de l’autre Marine le Pen, valorisée avant le 23 avril pour être mieux accablée entre les 2 tours.

Je veux remercier du fond du cœur les 1 700 000 électeurs qui, malgré ce parcours d’obstacles que j’ai dû affronter, m’ont donné leur confiance.

Entre les deux tours ne j’ai pas voulu me dérober. Je sais que mon choix a autant été salué que critiqué par beaucoup. Je ne le regrette pas, même si j’ai souffert de l’interprétation abusive que les médias en ont fait. A les entendre, j’avais rallié définitivement le FN alors que je n’ai cessé d’expliquer avec bon sens que j’avais fait un choix de 2nd tour pour défendre les Français face au programme de M. Macron, dangereux pour le pays, et que je ne rejoindrai pas le FN, mon parti restant indépendant.

En brisant le piège tendu par François Mitterrand pour assurer la mainmise d’une gauche minoritaire sur la France, j’ai, il est clair, levé un tabou.

La violence des réactions s’explique par la peur de la gauche de voir mis fin aux divisions artificielles de la droite, laquelle, une fois rénovée, pourrait à nouveau l’emporter et gouverner le pays. Car, n’en doutons pas, si on veut rendre à la France son indépendance, il faudra bien rassembler tous les patriotes et en premier lieu ceux de droite. Mais, pour ce faire, il faut aussi bien sûr affirmer l’indépendance de Debout la France et en aucun cas laisser au FN le monopole de la défense du pays.

Au premier tour de l’élection présidentielle, j’ai défendu un patriotisme sérieux et humaniste et je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas continuer avec tous mes amis. Certaines démissions, de ceux qui trouvaient que j’allais trop loin ou à l’inverse de ceux qui par ambition personnelle ont préféré adhérer directement au FN, ont été montées en épingle par une presse qui, évidemment, a compris le sens historique de ma démarche. Mais la réalité est tout autre.

Les milliers de nouvelles adhésions que nous avons reçues au Conseil national prouvent que ma stratégie de simple bon sens a été comprise : union des patriotes, mais sur la seule base d’un projet commun tempéré et rééquilibré, capable un jour de rassembler une majorité de Français. Car l’enjeu est bien là : convaincre pour gouverner et sauver le pays.

Il est passionnant de lire les milliers de messages qui m’ont été adressés. Tous disent quasiment la même chose : " Merci d’avoir fait ce geste d’union, mais merci aussi de tirer les leçons de l’échec du 2nd tour."

Oui, il existe une immense attente d’un projet politique qui rassure les Français, qui ne tourne pas le dos à l’Europe mais la réoriente en profondeur, qui ne désigne pas des boucs émissaires mais qui réconcilie nos compatriotes, qui protège de la mondialisation sans bien sûr fermer avec excès le pays.

Debout la France est au centre de gravité de la reconstruction politique à droite, clé du redressement de notre pays.

Quand le mirage Emmanuel Macron – Edouard Philippe se dissipera, les Français se tourneront naturellement vers nous si nous sommes capables de leur offrir un autre dessein, un autre destin.



A Debout la France, nous avons de l’avance puisque mon projet présidentiel était, sans aucun doute, le meilleur du 1er tour. Raison de plus pour ne pas se disputer sur l’accessoire mais pour, tout au contraire, rassembler nos forces, aller à l’essentiel, prendre de la hauteur.

Sur le plan personnel, cette période m’a beaucoup appris sur la nature humaine. J’ai compris que certains cèdent à la facilité de l'émotion ou de l'ambition et n’avaient pas la capacité de tenir dans la durée. A l’inverse, j’ai été ému par la force de conviction, la discrétion et la fidélité de compagnons, au sens gaulliste du terme, très présents dans tout le pays. On dit souvent qu’en politique les coups durs portent paradoxalement plus que les réussites.

Sur le plan affectif, je n’en ai pas manqué, mais comme me le disait souvent Charles Pasqua dans un inimitable sourire : « ce qui ne vous tue pas, vous renforce toujours ».

Alors oui, au lendemain de ce 1er tour, j’ai fait le choix d’un geste politique historique qui a entraîné beaucoup de secousses. Mais aujourd’hui, alors que Debout la France présente plus de 400 candidats aux élections législatives, je suis convaincu que notre mouvement est beaucoup plus fort qu’avant et que nous allons pouvoir pendant les 5 ans qui viennent préparer l’indispensable sauvetage du pays.

C'est le sens de notre engagement maintenant, à la veille de ces élections cruciales, où nous avons le devoir de porter bien haut les couleurs patriotes de Debout la France. En avant pour l'avenir !