L’Union Européenne va donc être taxée sur les 5.5 milliards d’€ d’acier et les 1.1 milliards d’€ d’aluminium que nous exportons vers les Etats-Unis, ce qui n’est pas rien ! Selon le comité INTA du Parlement Européen, 1 milliards d’€ d’export dans l’industrie correspond à 14.000 emplois. Ce sont donc 100 à 110 000 emplois menacés en Europe !

En revanche, cette mesure pourrait créer autant d’emplois pour les Etats-Unis. Ce n’est pas un hasard si Donald Trump a ciblé le Canada et l’Union Européenne, les premiers concurrents et fournisseurs de son pays, afin de favoriser immédiatement la production américaine.

Bien sûr que les mesures prises par Donald Trump contre les pays européens sont largement injustes car un pays comme la France produit son acier et son aluminium dans des conditions sociales, fiscales et environnementales loyales. On ne peut pas en dire autant de tous les autres pays européens, en particulier l’Allemagne mais il est certain que ces sanctions aveugles et brutales ne sont pas pertinentes entre des pays alliés.

Cependant la justesse des taxes imposées par Donald Trump n’est pas le problème. A partir du moment où le Président américain prend ces décisions, les pays européens devraient être capables de répliquer immédiatement afin d’instaurer un véritable rapport de force.

Or la Commission Européenne, qui dispose malheureusement de la compétence du commerce extérieur des pays européens, a refusé de prendre des mesures à la hauteur du défi lancé par Washington.

Une première réponse douanière devait être mise en place en juillet 2018 mais la Commission Européenne elle-même affirme qu’elle concerne non pas l’acier et l’aluminium, mais des produits non stratégiques comme les motos Harley Davidson et les jeans Levis ! Ce choix ridicule de produits cherche de fait, selon la Commission, à ne « pas menacer le commerce transatlantique » ! Visiblement, le rapport de force est aussi étranger à la Commission Européenne que les réalités du monde !

Enfin la Commissaire Cecilia Malmström a porté plainte auprès de l’OMC contre les mesures américaines, une institution dont Donal Trump se vante de n’avoir rien à faire et qui, à vrai dire, a été le cheval d Troie de la Chine pour détruire l’industrie occidentale. Il serait temps que les Européens en général et la France en particulier cessent de faire confiance à une telle institution qui ne sert qu’à favoriser la concurrence déloyale.

Pire encore, la même Cécile Malmström a reconnu attendre une période de 9 mois pour observer les conséquences du protectionnisme américain avant de réfléchir aux mesures de sauvegardes industrielles qui devaient être mises en place ! Autrement dit, la Commission Européenne attend de voir les dégâts causés par les Américains à nos producteurs d’acier et d’aluminium avant de réagir ! Les futurs chômeurs apprécieront qu’on s’occupe d’eux avec un an de retard !

Devant une telle faiblesse structurelle, il est certain que Donald Trump ne va pas s’arrêter là et va aggraver la guerre commerciale. On sait déjà qu’il pense sanctionner les importations de voitures aux Etats-Unis, ce qui marquera un coup dur pour l’Allemagne.

Debout la France propose les mesures de bon sens :

- Conditionner notre maintien dans l’OTAN et nos alliances avec les Américains à des relations commerciales loyales qui privilégient la négociation aux sanctions.

- Instaurer une réciprocité immédiate des mesures protectionnistes. Quand un partenaire commercial prend unilatéralement une décision, les pays européens doivent en faire de même.

- Favoriser la production sur notre territoire par des baisses de charge et des baisses d’impôts ciblés sur les entrepreneurs qui investissent en France.

- Imposer que les marchés publics aient recours à 75% de produits nationaux et que les pays européens partenaires soient prioritaires pour ce qui ne peut être produit en France.

- Instaurer une préférence commerciale communautaire entre les pays européens qui respectent des règles fiscales et sociales loyales.