Les sondeurs se sont trompés sur le Brexit, sur Trump, sur la primaire et pourtant hier soir tous les commentateurs sur les chaînes de télévision bavassaient sur le dernier sondage qui n’a, bien sûr, aucun sens, puisqu’il est réalisé « à froid » juste après une overdose médiatique des Républicains alors même que nos compatriotes ne connaissent pas tous les candidats et n’ont pas eu l’occasion de les voir débattre à la télévision.

J’espère d’ailleurs que le CSA et les principaux médias organiseront de vrais échanges sur un pied d’égalité, comme ils ont su le faire pour les 4 millions de sympathisants des Républicains. Sinon, si ce n’était pas le cas, cela voudrait dire que nous sommes revenus à une démocratie censitaire : 4 millions d’électeurs décideraient pour 44 millions !

En attendant, je poursuis sans relâche mon travail de terrain. Département après département, je parcours la France pour remercier mes soutiens de plus en plus nombreux, échanger avec mes concitoyens et proposer des solutions adaptées pour enfin traiter les causes des maux du pays.

Bien vite en effet, les Français vont comprendre que le choix de François Fillon, même si sa personnalité équilibrée n’est pas en cause, n’est qu’un leurre.

Aujourd’hui comme par enchantement, sans doute pour se faire pardonner leur manque de lucidité passée, les médias nous présentent l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, l’ancien Ministre de Jacques Chirac ou d’Edouard Balladur, le Député depuis 1981 comme le perdreau de l’année.

Mais, même s’il a su passer entre les gouttes, François Fillon est responsable avec les autres de la situation dans laquelle se trouve notre pays. Pire, il assume les choix européistes qu’il a faits en totale contradiction avec l’héritage gaulliste de Philippe Séguin dont il prétend servir la mémoire.

Or, aucun programme de redressement national, c’est-à-dire de lutte réussie contre le chômage et pour nos entreprises, ne pourra réussir, comme en témoignent les 20 dernières années, sans revoir les règles du jeu européennes.

Comment maîtriser l’immigration sans contrôler nos frontières nationales ? Comment renforcer notre artisanat et nos PME sans mettre fin à la directive travailleurs détachés ? Comment sauver notre agriculture sans refuser le TAFTA ?

Je pourrais multiplier les exemples de cette contradiction dans laquelle s’est enfermée le parti socialiste et les Républicains depuis la signature de tous les traités européens. Il ne s’agit pas, bien sûr, de rejeter l’idée européenne mais simplement de lui donner un autre contenu : celui de coopérations à la carte qui servent notre continent au lieu de l’enfermer dans la récession et le dumping social.

Le programme économique et social inefficace et injuste de François Fillon n’est que la conséquence de son contre sens d’analyse sur l’Union européenne.

Oui, il faut faire des efforts pour sauver notre pays, mais faut-il que ces efforts ne nous fassent pas mourir guéris.

Les artisans du Lot et Garonne, avec qui je dialoguais ce matin, faisaient preuve de beaucoup plus de bon sens que certains élus suffisants, coupés des réalités que j’ai rencontrés hier à l’Assemblée nationale.

Ils m’ont demandé deux choses simples et cohérentes :

- La loyauté de la concurrence car ils en ont assez de voir l’Etat laisser soit des travailleurs détachés, soit des auto entrepreneurs bénéficier d’avantages fiscaux et sociaux alors qu’eux-mêmes sont assommés de charges. L’enjeu n’est donc pas, bien sûr, de multiplier les régimes fiscaux et sociaux dérogatoires dans cette course sans fin au moins disant, mais d’unifier les régimes pour mettre les entrepreneurs français sur un pied d’égalité. Ils veulent aussi, comme je le propose, que les entreprises qui investissent en France bénéficient d’un bonus fiscal par rapport à celles qui délocalisent ou engraissent leurs actionnaires étrangers.

- La relance économique. Ces chefs d’entreprises ont bien compris que si l’on baisse les charges et que l’on met le pays à l’arrêt en cassant la croissance par le matraquage fiscal, la hausse de la TVA, ils n’auront pas de commandes et la baisse des charges ne servira à rien. En un mot, ils veulent aussi une relance économique qui s’appuie sur des commandes publiques et un pouvoir d’achat soutenu. C’est le sens de mon projet économique qui vise d’une part à favoriser le « produire français » et d’autre part à relancer le pouvoir d’achat des plus modestes, retraités et salariés.

Plus que jamais, au terme de ces visites de terrain, je sais qu’une autre politique est possible : redresser la France sans faire souffrir les Français.